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Église catholique dans les Négri Sembilan

Malaisie L'Église catholique dans les Négri Sembilan La presqu'île de Malacca, comme on le sait, n'est pas un pays homogène. Outre les territoires de Singapore, Malacca et Penang, qui sont colonies, elle se compose de neuf États malais, différents et indépendants les uns des autres, chacun ayant son roitelet malais, sultan ou rajah, son autonomie, son administration particulière ; tous pourtant formant sous le protectorat et gouvernement anglais, un tout politique, économique, administratif, connu sous le nom de « Malaisie Britannique ».
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    Malaisie

    L'Église catholique dans les Négri Sembilan

    La presqu'île de Malacca, comme on le sait, n'est pas un pays homogène. Outre les territoires de Singapore, Malacca et Penang, qui sont colonies, elle se compose de neuf États malais, différents et indépendants les uns des autres, chacun ayant son roitelet malais, sultan ou rajah, son autonomie, son administration particulière ; tous pourtant formant sous le protectorat et gouvernement anglais, un tout politique, économique, administratif, connu sous le nom de « Malaisie Britannique ».
    L'un de ces neuf États malais est l'État des « Négri-Sembilan », et c'est celui que la divine Providence m'a donné à évangéliser, au moins pour l'instant. « Négri-Sembilan », sont deux mots malais qui signifient les « neuf cantons ». L'état des Négri-Sembilan veut donc dire « l'État des neuf cantons ». Sa superficie est à peu près celle de deux départements français. Il compte présentement plus de 5.000 chrétiens, répartis en huit stations principales : d'abord Seremban, qui, en même temps, que la capitale de l'État, est la station mère et la résidence du Missionnaire ; et ensuite ses sept filiales ou stations secondaires, dont deux ont déjà atteint leur majorité et pourraient avoir un missionnaire à résidence, si missionnaire il y avait : operarii auteur pauci ! J'ajoute, d'ailleurs, que ce chiffre de huit stations n'inclut pas les chapelles de secours, érigées dans les plantations pour le service des coolies.
    Le poste de Seremban est pourvu d'une belle église, tout récemment restaurée, et qui peut contenir aux jours de grandes fêtes, jusqu'à 2.000 personnes. Il a aussi deux belles écoles anglaises, primaires secondaires : une pour garçons, dirigée par les Frères des Écoles chrétiennes, avec 600 élèves ; une pour filles, dirigée par les Soeurs du Saint Enfant Jésus, avec 500 élèves, plus écoles primaires indigènes, chinoises et indiennes.
    Des sous-stations, la plus récente, mais non la moins intéressante, celle dont je voudrais brièvement raconter ici la naissance un tantinet merveilleuse, est la station de « Sepang ». Cette station, à 52 kilomètres de Seremban, est située sur la frontière de l'État des Négri-Sembilan et de l'État de Selangor, en fait moitié dans l'un, moitié dans l'autre. J'ignorais plus ou moins ce coin de mon champ d'apostolat, quand, un beau jour, il y a exactement deux ans, à ma grande surprise, une délégation de païens vint me trouver, pour m'inviter, au nom de leur clan tout entier, comprenant cinq ou six mille Chinois, à aller m'établir et fonder une mission au milieu d'eux. Instinctivement, je soupçonnai des motifs intéressés, et de fait la conversation me révéla bien vite que leurs raisons étaient loin d'être tout à fait surnaturelles. Pourtant, l'un de ces motifs entrait tout à fait dans mes vues, comme il serait entré dans les vues de n'importe quel missionnaire : il s'agissait d'aller leur ouvrir des écoles et s'occuper de l'éducation de leurs enfants. Campagnards eux-mêmes, ils se sentaient impropres à cette tâche ; plusieurs essais antérieurs avaient échoué : alors ils s'étaient dit : « Appelons le missionnaire, lui, au moins, saura faire marcher l'affaire ». Et moi, je me dis : « C'est bien, je vais les prendre dans leurs propres filets ; par l'école je les aurai ».
    Quelques jours après, en la fête de l'Exaltation de la Sainte-Croix, 14 septembre 1936, je leur faisais une première visite, qui fut bientôt suivie d'une seconde, cette fois-ci en compagnie de S. Exc. Mgr Devais, évêque de Malacca. De ce jour-là date la fondation du poste de Sepang. Sans perdre de temps, au point le plus central, je louai provisoirement une hutte couverte en « attaps » ou feuilles de palmier. Dans la semaine elle sert d'école pour les enfants, de maisons de doctrine pour les catéchumènes, et, le dimanche, de chapelle. La sainte Messe y fut célébrée, pour la première fois, le dimanche 20 décembre 1936, devant une foule de païens émerveillés. Depuis lors, elle y est dite régulièrement une fois par mois, mais, hélas ! Cest toujours jusqu'ici une messe pro catechumenis, car jusqu'à ce jour, malgré leurs bonnes dispositions, aucun d'eux n'a encore été régénéré dans les eaux du baptême. Faut-il espérer que ce sera bientôt ? Oui, je les aurai. Et vous, qui lirez ces lignes, priez pour que bientôt, à Sepang, en Malaisie, il y ait une belle moisson d'âmes.

    G. AUGUIN,
    Missionnaire de Malacca.

    1939/20-23
    20-23
    Malaisie
    1939
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