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Adieux à un confrère

Adieux à un confrère Rappelé de sa, mission des Indes Jette un dernier regard sur ces pentes tranquilles, Vers l'azur de ce ciel, le calme de ces bois, Ces murs hospitaliers, en souvenirs fertiles ; Regarde! Tu les vois pour la dernière fois. Entends autour de toi ce bruit de voix amies, Caressant comme un flot, dont palpite le flux, Fait de joyeux appels, de douces causeries ; L'heure passe et bientôt tu ne l'entendras plus. L'heure passe! Ah! Quel mot sous sa forme vulgaire,
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    Adieux à un confrère

    Rappelé de sa, mission des Indes

    Jette un dernier regard sur ces pentes tranquilles,
    Vers l'azur de ce ciel, le calme de ces bois,
    Ces murs hospitaliers, en souvenirs fertiles ;
    Regarde! Tu les vois pour la dernière fois.

    Entends autour de toi ce bruit de voix amies,
    Caressant comme un flot, dont palpite le flux,
    Fait de joyeux appels, de douces causeries ;
    L'heure passe et bientôt tu ne l'entendras plus.

    L'heure passe! Ah! Quel mot sous sa forme vulgaire,
    Aux instants décisifs où l'homme devant lui
    Contemple un avenir tout chargé de mystère
    Surgi près d'un passé qui sans retour a fui!

    Mystiques carrefours, ô tournants de la vie,
    Où, semblable au dormeur qu'on réveille en sursaut,
    L'âme, laissant la route avec amour suivie,
    Se sent poussée ailleurs par les décrets d'En Haut.

    Vous êtes sans pitié pour le coeur qui vacille!
    Entre un passé qui meurt comme un beau soir charmant,
    Et l'avenir brumeux où nul rayon ne brille,
    Vous lui faites subir comme un déchirement !

    Va, laisse-la couler, cette larme furtive!
    Qu'elle mouille sans honte et ta joue et ta main ;
    Et sache, en t'éloignant de cette chère rive,
    Que notre coeur palpite à l'unisson du tien.

    Adieu! Livre aux zéphyrs ta nacelle et ta voile.
    Nous sommes, comme toi, pèlerins ici-bas ;
    Nous allons, l'oeil fixé sur une même étoile,
    Et chaque jour vécu vers le port est un pas.

    Adieu! Tout n'a qu'un temps ; tout passe, tout s'écoule,
    Le présent l'avenir, la joie et les regrets.
    Seule là-haut l'étoile, au-dessus de la houle,
    Nous éclaire toujours de ses tendres reflets.

    Suivons la, nous ici, toi là-bas, et par elle
    Guidés d'un jour à l'autre et d'adieux en adieux,
    Puissions nous, jetant l'ancre à la rive éternelle,
    Nous revoir tous un jour au rendez-vous des cieux!

    C. AUZUECH. (Saint Théodore, 25 mai 1919).

    1919/268
    268
    Inde
    1919
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