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Adieu d'une mère à son fils missionnaire

Adieu d'une mère à son fils missionnaire Tu vas partir, André ! Jusqu'à l'heure dernière, Conserve sur ton front cette céleste ardeur ; Ne sois pas contristé des larmes de ta mère ; Si je pleure en ce jour, oh ! Va, c'est de bonheur. En les voyant, ces pleurs, tous disaient : « Pauvre femme, Son amour n'a pas su le retenir ». Hélas ! Moi, sans lever les veux, je disais en mon âme : Taisez-vous, laissez-moi, vous ne comprenez pas ». Oui, mon âme s'élève en ce moment suprême.
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    Adieu d'une mère à son fils missionnaire

    Tu vas partir, André ! Jusqu'à l'heure dernière,
    Conserve sur ton front cette céleste ardeur ;
    Ne sois pas contristé des larmes de ta mère ;
    Si je pleure en ce jour, oh ! Va, c'est de bonheur.

    En les voyant, ces pleurs, tous disaient :
    « Pauvre femme, Son amour n'a pas su le retenir ». Hélas !
    Moi, sans lever les veux, je disais en mon âme :
    Taisez-vous, laissez-moi, vous ne comprenez pas ».

    Oui, mon âme s'élève en ce moment suprême.
    Oui, je me sens heureuse et forte... A mon Sauveur
    Je peux donc aujourd'hui donner plus que moi-même !
    Si je pleure, mon fils, oh ! Va, c'est de bonheur !

    Et cependant la grâce enflamme la nature,
    Quand, tout petit enfant, tu bégayais ici ;
    Quand tu n'étais qu'à moi, jamais je te le jure
    Ta mère, ô mon André, n'a su t'aimer ainsi.

    Va, sans que je t'arrête, où le Maître t'envoie,
    Seigneur, c'est tout mon bien, c'est mon unique enfant.
    Il fut pendant vingt ans mon orgueil et ma joie,
    Mais vous le demandez... Sa mère vous le rend.

    Nul souffle n'a terni sa robe d'innocence.
    Le voilà devant vous disciple obéissant,
    Et plus cher à vos yeux qu'aux jours de son enfance :
    Il vous donnait son coeur, il vous offre son sang.

    Mon fils, il est au loin des coeurs où l'enfer sème
    Le mensonge et la mort ; ils sont bien malheureux.
    Ils vivent sans amour, et la souffrance même
    Vers un Dieu tout-puissant ne sait lever les yeux.

    A ces déshérités porte grâce et lumière ;
    Sois la voix qui console, et la main qui guérit ;
    Armes-les par la foi, l'amour et la prière,
    Et que Satan recule au nom de Jésus-Christ.

    La fatigue et le froid t'accableront peut-être ;
    Tu souffriras, mon fils, et je n'y serais pas.
    Mais Celui que tu sers est un généreux Maître,
    Et lui-même à nous suivre a fatigué ses pas.

    En leur sombre cachot si la haine t'envoie,
    S'ils dressent le bûcher... Oh ! Que mon souvenir
    Ne mêle pas une ombre à ta céleste joie.
    Si tu meurs pour la foi, si mon fils est martyr,

    J'irai, fermant l'oreille aux paroles humaines,
    Cacher dans le lieu saint mon trésor glorieux ;
    Sans entendre plus rien du bruit des choses vaines
    J'irai, les pieds sur terre et le coeur dans les cieux.

    En ces pays lointains que ne puis je te suivre
    Pour l'honneur de mon Dieu, m'exiler comme toi ?
    Que m'importe à présent de mourir ou de vivre...
    Mais vois... l'heure s'avance... ô Dieu, soutenez-moi !

    Une minute encor qu'en mes bras je te tienne ;
    Sens battre sur ton coeur le coeur qui te chérit.
    Puis maintenant... laissez une femme chrétienne
    Baiser vos pieds sacrés, prêtre de Jésus-Christ.

    Sté Gle d'lmp. et d'Ed., I, rue de la Bertauche, Sens. I-29.

    1929/47-50
    47-50
    France
    1929
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