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Adieu

ADIEU PAR M. ROBERT, ASPIRANT DES MISSIONS ETRANGERES, TUÉ A L'ENNEMI. Si dans quelque combat, la mort doit me saisir, Je veux laisser ici une ultime parole, Un suprême au revoir et mon dernier désir. Je veux, quand il faudra que môn âme s'envole Et que mon corps tout seul dormira son sommeil, Avoir déjà conclu l'ouvrage de ma vie. Qu'importe où mon cadavre attendra son réveil ! Je sais qu'on ne vit pas au gré de son envie ;
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    ADIEU



    PAR M. ROBERT, ASPIRANT DES MISSIONS ETRANGERES,

    TUÉ A L'ENNEMI.



    Si dans quelque combat, la mort doit me saisir,

    Je veux laisser ici une ultime parole,

    Un suprême au revoir et mon dernier désir.

    Je veux, quand il faudra que môn âme s'envole

    Et que mon corps tout seul dormira son sommeil,

    Avoir déjà conclu l'ouvrage de ma vie.

    Qu'importe où mon cadavre attendra son réveil !

    Je sais qu'on ne vit pas au gré de son envie ;

    Et puisqu'on n'a d'ailleurs qu'à remplir son devoir,

    Qu'importe de durer une longue existence ?

    Mais ce que je voudrais que l'on puisse savoir,

    C'est que je n'ai pas fait des voeux sans consistance,

    C'est qu'en mourant ici loin de l'apostolat,

    Loin des peuples païens que réclamait l'Eglise,

    Je n'ai pas refusé l'effort ni le combat :

    Dieu lui-même a changé ma terrestre entreprise

    Et je puis arriver à l'instant de la mort

    Ainsi qu'un voyageur qui finit son voyage,

    Ou bien comme un vaisseau qui rentre dans le port.

    A Dieu, priez, amis, mais gardez le courage ;

    A Dieu, ce cri d'espoir et de rassemblement

    Que je voulais porter au païen qui s'égare,

    Je vous le laisse ici dans mon embrassement

    Afin de nous unir quand la mort nous sépare.



    LOUIS ROBERT.




    1916/111-112
    111-112
    France
    1916
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