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A propos de l'Article 71

A propos de l'Article 71 M. Jean Mélia nous fait hommage d'un livre d'une brûlante actualité qu'il vient de publier sous ce titre : « Chez les Chrétiens d'Orient ». L'auteur qui a été directeur au Haut Commissariat en Syrie, au Liban, et ailleurs en Orient, a connu tous les chrétiens qu'il étudie dans cet ouvrage, et dépeint le rôle particulier de chaque Ordre : Lazaristes, Dominicains, Jésuites, Pères Blancs, etc., qui dispensent la culture française.
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    A propos de l'Article 71

    M. Jean Mélia nous fait hommage d'un livre d'une brûlante actualité qu'il vient de publier sous ce titre : « Chez les Chrétiens d'Orient ». L'auteur qui a été directeur au Haut Commissariat en Syrie, au Liban, et ailleurs en Orient, a connu tous les chrétiens qu'il étudie dans cet ouvrage, et dépeint le rôle particulier de chaque Ordre : Lazaristes, Dominicains, Jésuites, Pères Blancs, etc., qui dispensent la culture française.
    Mais, si les services rendus à la France par ses missionnaires dans le Levant sont évidents pour tout homme tant soit peu informé, nous dit M. Henri Brenier dans les Débats, par contre, l'oeuvre de nos prêtres en Extrême-Orient est moins connue.
    M. Henri Brenier qui a sillonné la Chine et le Japon avec la mission commerciale lyonnaise a pu se rendre compte du travail de nos prêtres et de leurs élèves. Evoquant un souvenir personnel, l'auteur nous conte son départ d'un village situé à 2.000 kilomètres de la mer, où il avait trouvé chez le missionnaire une chambre « propre ». Tous ceux qui ont voyagé en Chine savent combien ce qualificatif est difficile à appliquer à une habitation.
    « Dans la cour, les enfants de l'école catholique, au nombre de deux ou trois cents, sont tous là, avec une partie de leurs parents. Notre caravane s'ébranle. Et alors, de ces petits gosiers chinois malhabiles à prononcer exactement les mots que le vieux prêtre, leur compatriote, leur avait appris à l'improviste, le soir de notre arrivée inattendue, mais qui les criaient à tue-tête avec une conviction touchante, une acclamation s'échappe : « Vive la France ! »
    « Jamais je ne l'ai oublié; de même que je n'ai jamais oublié l'accueil émouvant, dans la même province, de ce vieux missionnaire, le père Bouchard qui, ayant quitté la France depuis trente-cinq ans n'y étant jamais retourné et n'ayant jamais vu, pendant ce long laps de temps, de Français (sauf ses confrères missionnaires), faillit littéralement mourir de joie le soir où notre petite bande de six jeunes Français arriva, tout à fait à l'improviste, dans son village, où nous ignorions d'ailleurs que nous le rencontrerions. Il eut une syncope, dont nous eûmes de la peine à le faire revenir.
    « Les services rendus par nos missions ne se bornent d'ailleurs pas à ces échanges de congratulations.
    « Il suffit de lire le compte rendu de la Mission lyonnaise (récits de voyages et rapports commerciaux, Lyon 1898) pour se rendre compte que jamais, sans l'aide de leur expérience, de leur connaissance de la langue, des lieux et des gens, nous n'aurions pu rapporter la moisson de renseignements sur le Yun-nan, le Koueït-chéou et le Se-tchouan, leurs ressources, leur commerce, leurs industries et leurs voies de communication, dont les Reclus (qui s'y connaissaient) ont bien voulu dire, dans leur livre sur l'Empire du Milieu, qu'ils constituaient « un trésor ».

    ***

    L'Avenir du Plateau Central, du 8 octobre, nous apporte l'opinion de l'ancien Gouverneur général de l'Indochine, M. Alexandre Varenne, sur ce même article 71 de la loi des finances :
    « Quant à la question des Missions Etrangères, le souci de la vérité m'oblige à dire qu'elles ont rendu, au moins dans les pays d'outre-mer que je connais, de remarquables services tant à la cause française qu'à la population indigène. Ces services, je les ai publiquement reconnus en faisant décorer le vieil évêque de Hanoi qui avait sauvé un jour la garnison française, et en allant moi même, quelques jours avant sa mort, porter, de la part du Gouvernement français, la rosette de la Légion d'honneur à cette noble femme qu'était la soeur Antoine, originaire du canton de Cunlhat, qui, pendant trente années, s'était dévouée pour soulager les pires souffrances humaines et que la population annamite du Tonkin vénérait comme une sainte.
    Les Missions Etrangères ont en Indochine une clientèle de plus d'un million de catholiques indigènes et, si elles n'arrivent pas à renouveler leur personnel, leur influence passera soit aux missionnaires catholiques étrangers, italiens ou espagnols, soit aux missionnaires protestants d'autres pays, notamment aux américains, que j'ai dû rappeler à l'ordre pour les avoir pris en flagrant délit de propagande antifrançaise dans des régions où il n'y avait peut-être pas beaucoup d'infidèles à gagner, mais des jalons à planter pour des fins temporelles.
    « S'il en est ainsi, avons nous intérêt à entraver une action qui peut être utile et qui, dans certains cas, comme celui des religieuses qui soignent les lépreux et les aveugles, rend les, plus grands services à la fois à la France et aux indigènes les plus malheureux ? ».
    1929/35-36
    35-36
    Chine
    1929
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