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A Madame la vicomtesse de Saint-Jean 1

OEUVRE DES PARTANTS SOMMAIRE LETTRE DE M. HINARD, directeur de l'OEuvre des Parlants. CHRONIQUE DE L'oeuvre. COTISATIONS PERPÉTUELLES. RECOMMANDATIONS. NOS MORTS. LETTRE DE M. HINARD Directeur de l'OEuvre des Partants A Madame la vicomtesse de Saint-Jean Présidente de lOEuvre Montbeton, 25 mai 1905. MADAME LA PRÉSIDENTE,
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    OEUVRE DES PARTANTS

    SOMMAIRE

    LETTRE DE M. HINARD, directeur de l'OEuvre des Parlants. CHRONIQUE DE L'oeuvre. COTISATIONS PERPÉTUELLES. RECOMMANDATIONS. NOS MORTS.

    LETTRE DE M. HINARD

    Directeur de l'OEuvre des Partants

    A Madame la vicomtesse de Saint-Jean

    Présidente de lOEuvre

    Montbeton, 25 mai 1905.

    MADAME LA PRÉSIDENTE,

    A mon retour de Toulouse, je m'arrête quelques heures à notre sanatorium de Montbeton et je m'empresse, comme vous m'en avez exprimé le désir, de vous adresser quelques nouvelles de ma visite à nos fidèles associés. Vous le savez aussi bien que moi et vous le saviez avant, l'OEuvre est florissante à Toulouse ; le nombre des associés y est considérable et augmente de jour en jour. Ce progrès soutenu, nous le devons, après Dieu, au dévouement tout apostolique de M. l'abbé Marceau, directeur local, et à celui de Mlle Marguerite de La Tour Landorthe, qui a succédé, comme présidente du comité de Toulouse, à celle que vous pleurez toujours, à cette femme de piété si intelligente et si haute, de coeur si grand, Mme la comtesse d'Antin de Vaillac. Je ne me permettrai pas d'insister sur les mérites et les vertus d'une fille qui souhaitait d'imiter sa mère.
    Mlle M. de La Tour Landorthe marche sur les traces de son amie, et travaille avec une admirable ardeur au développement de notre OEuvre dans l'ancienne capitale du Languedoc. J'étais heureux, en venant ici, de répondre à son aimable invitation.
    Parti de Paris, le lundi 22 à 9 h. du soir, j'arrivais à Montauban, le mardi matin à 7 h. 45, et, à 9 h., je disais ma messe à notre sanatorium de Montbeton. Je désirais vivement revoir, avant sa mort, un de nos confrères du Tonkin occidental, M. V. Defois, qui avait été administré quelques jours auparavant.
    Je trouvai le cher malade presque à l'extrémité ; il me reconnut néanmoins, me demanda des nouvelles du Séminaire, et ma visite lui fit un visible plaisir. Il souffrait beaucoup, mais avec résignation. Je le quittai en lui promettant de prier la Sainte Vierge de venir chercher son âme pour la conduire au ciel, le lendemain, fête fie Notre Dame Auxiliatrice, comme il le désirait lui-même si ardemment.
    A 5 heures du soir, je reprenais le chemin de Montauban et j'arrivais à Toulouse par une pluie battante : il faisait déjà presque nuit. Un quart d'heure plus tard je frappais à la porte de Mesdemoiselles Marguerite et Blanche de La Tour Landorthe, qui m'avaient gracieusement invité à descendre chez elles. Je fus accueilli avec la franche cordialité, les délicates attentions et les prévenances qui me rappelèrent celles que Notre-Seigneur devait rencontrer à Béthanie, quand Il y était reçu par Marthe et Madeleine.
    Les réunions annuelles du comité de Toulouse avaient lieu d'ordinaire dans la grande chapelle des Soeurs de la Visitation ; mais, vu les difficultés de la situation qui est faite présentement aux dignes Filles de Saint François de Sales, il n'eût pas été prudent d'agir de même cette année.
    Les Religieuses du Saint Nom de Jésus nous ont ouvert leur oratoire, plus petit que celui de la Visitation, mais très pieux aussi et bien orné. C'est là que notre fête de famille a eu lieu, le 24 mai.
    Je célébrai la messe à 8 h. L'assistance était nombreuse. Pendant le saint sacrifice, des voix ravissantes chantèrent avec beaucoup d'expression et de force le Chant du Départ et le Cantique des Martyrs. Il y eut au moins une quarantaine de communions. La messe terminée, j'adressai la parole à nos pieuses zélatrices et associées.
    Après leur avoir exprimé ma profonde gratitude et celle de tous mes confrères, pour les témoignages de charitable intérêt qu'elles ne cessent de donner à notre Séminaire et à nos Missions, j'exposai devant elles les idées suivantes :
    « Le Sacré Coeur de Jésus est profondément attristé des misères morales qui existent en France, mais Il doit être singulièrement consolé à la vue des oeuvres admirables dont notre bien-aimée patrie est le centre et le principal soutien.
    « L'OEuvre des Partants est, à n'en pas douter, une de celles qui lui procurent le plus de consolation, parce qu'elle est une des plus touchantes que la foi et la charité chrétiennes aient jamais inspirées.
    « Les associées représentent exactement, au XXe siècle, ces saintes femmes de l'Evangile qui accompagnaient Notre-Seigneur dans ses prédications et Lui fournissaient tout ce dont Il avait besoin ; car, en donnant aux missionnaires, c'est à Jésus-Christ qu'elles donnent ; en travaillant pour les missionnaires, c'est pour Jésus-Christ qu'elles travaillent.
    « A mesure que leurs doigts se fatiguent sur l'aiguille pour confectionner le trousseau de nos jeunes Partants, la main reconnaissante de Notre-Seigneur tresse et embellit avec amour la couronne qu'il leur destine.
    « Elles doivent persévérer dans la voie où elles sont entrées, et rester fidèles aux humbles travaux du lundi dans l'ouvroir de Toulouse, à ces corvées volontaires, d'un genre tout nouveau, qui réjouissent leurs anges gardiens et les rendent fiers de leurs généreuses protégées.
    « M'adressant à Notre-Seigneur, je conjurai son divin Coeur de bénir l'oeuvre des Partants, que Lui-même a fait naître, qui s'est développée en Lui et par Lui, et qui maintenant, semblable à un grand arbre, étend ses rameaux sur la France entière ; de bénir tous les membres de cette OEuvre, en particulier ceux de Toulouse, dont le dévouement sans bornes Lui est connu ; de rendre participants de sa sainte bénédiction, la famille, les enfants, les petits-enfants, les malades et les défunts de tous nos chers Associés.
    « Je fis connaître ensuite les résultats obtenus en 1904, l'état actuel des oeuvres dans les 32 missions de notre Société, et les épreuves par lesquelles la divine Providence avait fait passer quelques-uns de nos Vicariats apostoliques au cours du dernier exercice.
    « Je finis en exhortant mon pieux auditoire à croître, chaque jour, dans le culte et le saint amour de Marie, dont nous célébrions la fête sous le vocable de Notre Dame Auxiliatrice».
    Une quête fructueuse fut faite en faveur de l'OEuvre des Partants, et la fête se termina par la bénédiction solennelle du Très-Saint-Sacrement.
    Avant et après-midi, Mlle M. de La Tour voulut bien m'accompagner dans les visites que j'avais à faire.
    Nous rendîmes d'abord chez M. l'abbé Marceau qui, obligé de garder la chambre, n'avait pu, à son grand regret, assister à la réunion du matin. Le cher et vénéré malade nous parut bien souffrant, mais j'aime à espérer que le bon Dieu le conservera longtemps encore à notre respectueuse affection.
    Mlle de La Tour me présenta ensuite à la Révérende Mère Supérieure des Soeurs de la Sagesse, qui nous rendent de grands, services pour la confection des ornements et linges d'autel ; à Mesdemoiselles Tournier, nos très actives zélatrices, qui sont à la tète de toutes les oeuvres à Toulouse ; à la Révérende Mère Supérieure des Soeurs du Saint Nom de Jésus, vénérable octogénaire, qui avait mis de si bonne grâce la chapelle de sa communauté à notre disposition ; à la Révérende Mère Prieure du Couvent de la Visitation, qui nous reçut en compagnie d'une de ses religieuses, dont le frère, M. Soumireu, est missionnaire en Mandchourie Méridionale. Je donnai à sa soeur de bonnes nouvelles de notre cher missionnaire.
    Je vis aussi, chez Mlles de La Tour-Landorthe, plusieurs personnes toutes dévouées à nos intérêts.
    Ainsi se passa, trop vite à mon gré, cette belle journée du 24 mai.
    Aujourd'hui j'ai célébré la sainte messe à l'autel de saint Thomas d'Aquin, dans la basilique Saint Sernin, et, après avoir déjeuné au grand Séminaire, je suis revenu à Montbeton, où j'ai été agréablement surpris de trouver M. Defois un peu mieux. Il regrettait, lui, de n'être pas mort la veille Il n'avait cessé, ce jour-là, de supplier la sainte Vierge de venir le prendre ; il lui disait encore : « Vous ne viendrez donc pas aujourd'hui, ma bonne Mère ; il n'y a plus que 2 heures avant minuit ; venez, je vous en prie, mais venez donc ».
    La sainte Vierge ne vint pas, et notre cher confrère a dû se résigner à rester en ce bas monde pour y achever son purgatoire, en attendant que l'heure de la récompense ait sonné pour lui. Je le recommande à vos prières et à celles des saintes âmes qui vous entourent.

    Daignez, Madame la Présidente, agréer l'hommage de mon profond respect.

    V. HINARD.

    Dir. de l'oeuvre des Partants

    1905/249-252
    249-252
    France
    1905
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