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À l'Exposition catholique de Marseille

À l'Exposition catholique de Marseille Pour la première fois une Exposition catholique, organisée par un diocèse de France avec ses seules ressources et par la seule inspiration d'un chef, occupait l'opinion publique. L'opinion se déclare conquise... Une voie nouvelle demeure ouverte à la propagande ou, pour mieux dire, à l'apostolat.
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    À l'Exposition catholique de Marseille

    Pour la première fois une Exposition catholique, organisée par un diocèse de France avec ses seules ressources et par la seule inspiration d'un chef, occupait l'opinion publique. L'opinion se déclare conquise... Une voie nouvelle demeure ouverte à la propagande ou, pour mieux dire, à l'apostolat.
    L'Exposition missionnaire !... Et voici qu'en parcourant la longue suite de ces stands chargés de produits exotiques, vous avez cueilli au passage quelques images de ces mondes si différents du nôtre. Ce n'est point assez. Derrière les comptoirs trônent les maîtres de céans, missionnaires de tous costumes et hâlés par tous les soleils...
    V. POUCEL (Etudes, 20 juillet 1935).

    Nous étions trois, trois « Ad Exteros » : un de la Birmanie, un de la Chine Occidentale, un de la Chine du Sud, nous rencontrant là, à Marseille, pour la première fois.
    Un expert « ès Expositions », qui a dressé des stands en maintes cités, nous donne les indications nécessaires pour tout disposer dans la surface plutôt restreinte qui nous est réservée. Il nous quitte pour aller prêcher la bonne parole et faire connaître nos missions, mais il reviendra de temps à autre nous encourager et finalement présider au préemballage de nos richesses.
    De suite nous fraternisons, comme on sait le faire chez nous. En moins d'une semaine nous devenons de vrais amis, partageant la joie d'une magnifique Exposition, travaillant gaiement, sans arrêt, tant que dure la grandiose manifestation
    Devant les stands missionnaires, les visiteurs défilent en rangs pressés, attentifs, toujours sympathiques, toujours souriants. C'est presque une révélation pour nous que ce contact de trois semaines avec la Provence catholique à la piété touchante imprégnée de bonne humeur.
    De tous les points du littoral méditerranéen, familles, patronages, sociétés sportives, groupements paroissiaux, nous arrivent. Les écoles et collèges de Marseille et de la banlieue ont leur date fixée par les organisateurs. A certains jours nous escomptions une affluence « au ralenti », nous laissant le loisir d'aller jeter un coup d'oeil aux halls voisins du pavillon des Missions, mais sans arrêt le flot est toujours aussi dense. Ainsi l'Exposition s'achève, les imposantes cérémonies se déroulent sans que nous puissions quitter notre poste. Nous ne le regrettons pas, car les gens auxquels nous avons affaire sont si intéressants, si avides de nous écouter, de nous questionner. Ces explications, ces conversations avec nos bons catholiques méridionaux sont pour nous un vrai régal.
    D'Aix et de Marseille les parents de nos confrères provençaux qui furent tout naturellement les premiers arrivés, reviennent fréquemment nous voir, amenant leurs amis, nous lisant les dernières lettres reçues, nous apportant les plus récentes photos des chers absents. Et l'on se sent bien vite comme en famille avec ces pieuses mamans, ces frères, ces soeurs, ces cousins et cousines. Bons confrères du pays des Cigales, vos noms sont souvent prononcés en ce petit coin du grand hall du Parc Chanot. Chers Pères Cadière, Brun, Mélizan, Rouhan, Cotto, quels braves coeurs vous aiment en ce lumineux pays !
    Voici de fiers et robustes Rouergats qui demandent si nous connaissons leur « tonton Paulin ». L'un de nous se souvient d'avoir entendu ce nom il y a quelque trente ans. Il s'agit d'un des doyens de notre épiscopat missionnaire.
    Nombreux coloniaux, administrateurs de l'Indochine, voyageurs, consuls, sympathisants qui ont connu nos Pères. Un amiral en retraite, toujours vert, à la mémoire prodigieuse, vient souvent s'asseoir à notre stand.
    Nous voyons, conduits par le vaillant évêque de Marseille, s'arrêter devant nos curiosités extrême-orientales les deux amiraux de Toulon, un général, le préfet des Bouches-du-Rhône, le maire de Marseille, des journalistes parisiens, des Cardinaux, des évêques, des prélats.
    Inoubliables et trop courtes journées !
    Le beau volume dans lequel Mgr de Guébriant a raconté sa dernière randonnée apostolique s'enlève avec enthousiasme ; à plusieurs reprises il faut renouveler notre stock. Et les abonnements à nos « Annales » : 302 exactement !
    Et notre Supérieur général une belle gravure à la manière du XVIIe siècle, semblait nous sourire et nous encourager, toujours digne et bienveillant, tel que nous l'avons connu : « un apôtre, un Breton, un gentilhomme, un missionnaire dans toute l'acception du mot ».
    Mais l'Exposition prend fin ; le dernier visiteur nous quitte. Comme les heures ont passé rapides !
    Adieu, Marseille, porte de l'Orient ! Puisse notre travail avoir contribué à faire mieux connaître et aimer davantage notre chère Société des Missions Etrangères ! Notre Dame de la Garde, faites germer en votre fidèle Provence des vocations apostoliques ! Soyez « Notre Dame des Aspirants », vous que les Marseillais saluent de ce titre si gracieux, si tendre : « la Bonne Mère » !

    Un des trois.

    1935/242-246
    242-246
    France
    1935
    Aucune image