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A l'ambulance...Pour les autres et pour soi

A l'ambulance... Pour les autres et pour soi Lettre d'un infirmier (M. C.).
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    A l'ambulance...
    Pour les autres et pour soi

    Lettre d'un infirmier (M. C.).

    Après avoir langui pendant six semaines au dépôt de mon régiment, j'appris que l'on demandait des volontaires comme infirmiers. Je m'empressai de donner mon nom, et c'est ainsi que j'ai été envoyé à D.... Les 15 jours, qui ont suivi mon arrivée, se sont passés à l'installation de tout le matériel nécessaire à l'hospitalisation des blessés et des malades. Nos travaux d'aménagement n'étaient même pas terminés, que nous arrivaient, en moins de 24 heures, 170 blessés et malades. Je suis heureux de pouvoir enfin faire quelque chose et de me dévouer au soin des malades. Dans notre hôpital se trouvent des religieuses de Saint-Thomas de Villeneuve dont le zèle est inlassable.

    Lettre d'un blessé (M. D.).

    Maintenant que mes forces me sont un peu revenues je vais vous raconter comment j'ai été blessé.
    Nous tentions de reprendre le col de S., il était 5 h. du soir ; je reçois une balle qui me fractura la cuisse gauche, je tombe, puis me ressaisissant, je pose mon sac et j'appelle au secours ; je ne vois personne ; les Allemands sont à 80 mètres, tout le monde a battu en retraite. Mais le Bon Dieu veillait sur moi ; mon meilleur ami m'aperçoit, il accourt, et malgré une pluie de balles, me saisit par la main et me traîne comme un morceau de bois jusqu'au bas du col ; impossible de me tenir debout, je perdais mon sang en abondance. On me fait un pansement sommaire, puis on me place sur les épaules d'un solide gaillard, et me voilà parti ainsi pendant une heure ; la fièvre me consumait, une sueur froide coulait sur tout mon corps ; enfin nous arrivons dans une maison ; on me donne un réconfortant, on me pose sur une échelle, et c'est ainsi qu'on me transporte à l'ambulance où je passe la nuit. Le lendemain on me charge sur une charrette, on traverse S. au milieu des obus qui pleuvent dans les rues, le soir j'arrive à B, où on me met dans le train sanitaire. Après deux nuits et un jour de voyage, j'arrive à Bourges plus mort que vif. Des dames généreuses m'offrirent quelques verres de champagne, ce qui me fit beaucoup de bien ; l'appétit revint, les douleurs cessèrent aussi, et petit à petit j'inspirais confiance au major.
    Inutile de vous parler des terribles moments que je passais à la salle des opérations, j'ai appris à connaître le bistouri et les pinces, etc. ; j'y vais encore une fois tous les deux jours, j'ai un drain qui me traverse la cuisse, ma blessure est bientôt guérie, elle est très propre ; ce qui sera long ce sera la fracture, j'ai la jambe dans un appareil, Maintenant je puis manger seul, ce que je ne faisais pas au commencement, mais je ne puis faire que cela ; je suis comme un bébé au lit toujours couché sur le dos sans faire aucun mouvement.

    CITATION DE M. M. à L'ORDRE DU JOUR

    Vous me demandez le motif de ma citation à l'ordre du jour, il tient là-dedans : Je me suis trouvé un peu partout où l'on a besoin de l'infirmier. C'est surtout, au cours d'une période de rudes combats à... J'ai secouru nombre de blessés qui n'auraient pu être pansés que plus tard au détriment de leur guérison. En cela je n'ai fait que mon devoir, mais mon capitaine ajoute : « Vous l'avez fait crânement et d'une façon qui mérite d'être signalée et récompensée», d'où citation à l'ordre du jour de la première armée et nomination à la première classe. Pour cette nomination je suis sorti avec le n°1. (Lettre de M. M).

    1915/22-23
    22-23
    France
    1915
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