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A Jésus Hostie

A Jésus Hostie Toi que ma foi contemple et que mon coeur adore Que je viens saluer au lever de l'aurore, Je voudrais en ce jour, laissant parler mon coeur, Te dire mes soupirs et ma sainte douleur, Du Tabernacle saint, prisonnier volontaire, Hôte à jamais béni du divin sanctuaire, Ecoute mes accents. Fidèle à ton appel, Je me suis prosterné au pied de ton autel. J'entends ton divin Coeur me redire sans cesse : « Je suis seul en ce lieu, console ma tristesse
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    A Jésus Hostie



    Toi que ma foi contemple et que mon coeur adore

    Que je viens saluer au lever de l'aurore,

    Je voudrais en ce jour, laissant parler mon coeur,

    Te dire mes soupirs et ma sainte douleur,

    Du Tabernacle saint, prisonnier volontaire,

    Hôte à jamais béni du divin sanctuaire,

    Ecoute mes accents. Fidèle à ton appel,

    Je me suis prosterné au pied de ton autel.

    J'entends ton divin Coeur me redire sans cesse :

    « Je suis seul en ce lieu, console ma tristesse

    « Les hommes égarés, loin de moi semblent fuir,

    « Et cependant pour eux jadis je dus mourir !

    « Ici, je les attends, mais mon attente est vaine,

    « Au lieu de leur amour, je rencontre la haine ! »

    Que ne puis-je apporter, mon aimable Sauveur,

    Un adoucissement, un baume à ta douleur.

    Je ne sais que souffrir de ta souffrance même.

    Plus l'objet est aimé, plus la peine est extrême.

    Je voudrais consoler ton amour méconnu

    Mais devant ta splendeur, je reste confondu;

    Pour un rôle si doux, je sens mon impuissance.

    Mon coeur ne peut répondre à ton amour immense

    Je brûle d'un désir qui ne peut se calmer

    Plus je t'aime Jésus, plus je te veux aimer.

    Comme un cerf altéré mon âme te désire,

    Nuit et jour après toi, sans cesse je soupire;

    Viens, donc ô mon Jésus, viens combler tous mes voeux,

    Me donner ton amour, viens me rendre heureux.

    Viens embraser mon coeur d'une céleste flamme,

    Viens m'attacher à toi, viens captiver mon âme.

    Oui ! Laisse-moi t'aimer, t'aimer comme je veux,

    T'aimer plus que les Saints, plus que les Bienheureux.



    O mon Jésus, j'ai faim, viens, soutiens ma faiblesse.

    J'espère en ta bonté et t'implore sans cesse,

    Je ne respire plus, je me meurs de désir.

    C'est le Ciel qu'il me faut pour t'aimer à loisir.

    Je suis las de traîner cette vie inutile,

    Je ne veux plus pécher et je suis si fragile,

    Dans ce terrible exil, c'est trop longtemps languir.

    Je t'en prie, ô Jésus, laisse-moi donc mourir.

    Je veux aller au Ciel, célébrer tes louanges,

    M'unir aux Séraphins, à tous les coeurs des anges,

    Contempler ta splendeur et te dire avec eux :

    « Gloire à toi, mon Jésus, gloire au plus haut des cieux! »



    O mort tant désirée et mille fois bénie,

    Viens briser tous mes liens, viens me rendre la vie,

    M'arracher à ce monde et me donner Jésus,

    M'assigner une place au nombre des élus !



    Non !... Puisque tu le veux, je demeure à la peine.

    O mon Jésus, pour toi, je ne crains pas la gêne

    Jette un regard sur moi, puis, d'amour exalté,

    J'irai chanter partout ta divine bonté.

    J'irai porter ton nom au plus lointain rivage,

    Faire briller ta croix au regard du sauvage,

    Lui dire tes bienfaits, rendre son sort meilleur

    Et lui montrer le ciel, séjour du vrai bonheur.

    Faire luire à ses yeux la douce et blanche hostie,

    Te faire aimer de Lui, Dieu de l'Eucharistie,

    Lui donner cet amour et cette sainte ardeur

    Qui fait de tout chrétien un athlète vainqueur

    Dans les tourments sans fin, dans l'éternelle guerre

    Que livre à tes enfants le démon sur la terre,

    Qui pour toi, s'il le faut versera tout son sang

    Sous les coups inhumains des féroces tyrans.

    J'irai... je souffrirai !... qu'importe la misère!

    N'es-tu pas le Jésus qui mourut au Calvaire.

    N'es-tu pas le Jésus volontaire captif,

    Victime innocente d'un amour excessif ?

    ... Oh ! Puisque c'est pour toi je demeure à la peine,

    Je veux porter ton nom sur la plage lointaine

    Je veux mettre en déroute les démons éperdus,

    Et gagner à ton nom tout un peuple d'élus.

    UN ASPIRANT.
    1920/537-538
    537-538
    France
    1920
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