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A Dormans

A Dormans Dormans, en attendant que les fêtes religieuses et patriotiques se célèbrent à la Chapelle de la Reconnaissance, a eu lieu le 16 juillet, 4e anniversaire de la victoire, une grande manifestation dont nous avons le devoir de dire quelques mots, puisque notre Société des Missions Étrangères y était noblement représentée, et qu'elle a été, comme nos lecteurs le savent, constituée la gardienne de la Chapelle.
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    A Dormans

    Dormans, en attendant que les fêtes religieuses et patriotiques se célèbrent à la Chapelle de la Reconnaissance, a eu lieu le 16 juillet, 4e anniversaire de la victoire, une grande manifestation dont nous avons le devoir de dire quelques mots, puisque notre Société des Missions Étrangères y était noblement représentée, et qu'elle a été, comme nos lecteurs le savent, constituée la gardienne de la Chapelle.

    La fête était présidée par le Maréchal Foch. Etaient présents : le Cardinal Luçon, NN. SS. Tissier, Rumeau, Neveux, Gaillard, notre Supérieur Mgr de Guébriant, les généraux Mangin, Maistre, Féraud, de Rascas, de Châteauredon, Nayral de Bourgon, les membres du Comité de la chapelle de la Reconnaissance... Devant le château magnifiquement pavoisé, un autel avait été dressé. La messe y fut célébrée par M. l'abbé Umbricht, commandeur de la Légion d'honneur, qui perdit son bras gauche dans la bataille de 1918, à 4 kilomètres de Dormans. Assistance de plusieurs milliers de personnes; musique exécutée par les chorales de Châlons et d'Épernay; éloquent discours de M. l'abbé Thellier de Poncheville; puis banquet de 160 couverts sous une tente improvisée, toasts de Mgr Tissier, de Mgr de Guébriant, du Cardinal Luçon, du Maréchal Foch; le soir, près de la chapelle en construction, allocutions de M. Fernand Laudet, de Mgr Rumeau, du Maréchal Foch, coupées d'acclamations et d'ovations enthousiastes.

    Voici l'allocution de Mgr de Guébriant :
    Je demande, Monsieur le Maréchal, la permission de justifier le rôle que je joue ici.
    Mgr le Président du Comité de la Chapelle de la Reconnaissance vient de faire une allusion dont je lui suis très reconnaissant, et l'explication est celle-ci : c'est qu'aujourd'hui la
    Société des Missions Étrangères, dont j'ai l'honneur d'être le Supérieur, a l'honneur beaucoup plus grand de recevoir, des mains mêmes qui ont sauvé la France, la charge de garder le
    Monument que la piété des Français élève en signe de reconnaissance à Dieu sur les bords de la Marne miraculeuse.
    La Société des Missions Étrangères est depuis des siècles un des principaux foyers de l'esprit missionnaire. L'esprit missionnaire, tout le monde ici le sait, est un esprit de dévouement et de généreuse audace, il ne doute de rien ; il est tout à la française. Cette Société, dès les premiers jours de sa fondation, au milieu du XVIIe siècle, s'est proposé une tâche surhumaine, la conversion des peuples d'Extrême-Orient. Sans vouloir prétendre que les grandes choses ne peuvent être faites que par des Français, elle a cependant voulu s'assurer un maximum de chances favorables, en mettant au premier article de son règlement qu'elle n'admettrait dans son sein que des Français.
    Aussi la bataille qu'elle livre depuis des siècles sur les fronts lointains des missions d'Extrême-Orient a pour devise, dans le sens le plus exact, le mot Gesta Dei per Franeos, et sa conviction, conviction justifiée par des siècles d'expérience, c'est qu'il n'y a rien d'impossible à quiconque est à la fois Français et Catholique, à qui aime la France et croit en Dieu.

    MONSIEUR LE MARÉCHAL,
    EMINENCE,
    MESSEIGNEURS,
    MESSIEURS DU COMITÉ DE LA CHAPELLE DE LA RECONNAISSANCE,

    Cette pensée que je viens d'exprimer, je ne crois pas me tromper en disant que c'est bien elle que vous voulez symboliser, en dressant sur cette colline la Chapelle de la Reconnaissance. C'est que, pour des Français qui croient en Dieu, il ne reste plus qu'une chose impossible au monde, c'est de douter de l'avenir. Donc la Société des Missions Étrangères a sa place justifiée à la garde de la Chapelle de Dormans ; elle en reçoit la garde aujourd'hui avec respect et émotion, et par mon organe, cette mission, elle promet de l'accomplir de son mieux. Désormais les pèlerins de la Reconnaissance nationale trouveront, pour les accueillir à Dormans, un vétéran des combats que des Français livrent depuis des siècles sur les rives lointaines, et le souvenir des morts sera pieusement gardé ici, uni à la prière et aux intentions de tous les survivants, prière qui montera du sanctuaire de Dormans vers le Ciel.
    Je vous remercie donc, Eminence; je vous remercie, Monsieur le Maréchal ; je vous remercie, Monseigneur de Chalons ; je vous remercie, Messieurs du Comité de la Chapelle de
    Dormans, de l'honneur que vous faites à ma Société, et je lève mon verre à votre Comité, au succès de sa grande oeuvre. Je le lève surtout à la France, à l'armée française, à toutes les espérances françaises, et aussi aux personnalités qui, en ce moment, représentent ces espérances : S. E. le Cardinal de la Marne, M. le Maréchal Foch, Mgr l'évêque de Châlons.

    1922/224-225
    224-225
    France
    1922
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