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Œuvre des partants

Œuvre des partants SOMMAIRE UN SOUVENIR DE NOS VACANCES, par un aspirant missionnaire. — CANTATE AU DIVIN MOISSONNEUR. — DÉPARTS DE MISSIONNAIRES. — L'OUVROIR DE LIMOGES. - COTISATIONS PERPÉTUELLES. — DONS. — RECOMMANDATIONS. — NOS MORTS. UN SOUVENIR DE NOS VACANCES PAR UN ASPIRANT MISSIONNAIRE Nous avons passé une partie de nos vacances à Meudon, et je suis heureux de vous écrire qu'elles ont été charmantes.
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    Œuvre des partants

    SOMMAIRE

    UN SOUVENIR DE NOS VACANCES, par un aspirant missionnaire. — CANTATE AU DIVIN MOISSONNEUR. — DÉPARTS DE MISSIONNAIRES. — L'OUVROIR DE LIMOGES. - COTISATIONS PERPÉTUELLES. — DONS. — RECOMMANDATIONS. — NOS MORTS.

    UN SOUVENIR DE NOS VACANCES

    PAR UN ASPIRANT MISSIONNAIRE

    Nous avons passé une partie de nos vacances à Meudon, et je suis heureux de vous écrire qu'elles ont été charmantes.
    Tous les dimanches, après les vêpres, nous avions des séances récréatives où des talents artistiques divers, des compétences insoupçonnées se dévoilaient à la plus grande joie de tous ! Tantôt ce sont des chansonnettes humoristiques, tantôt des monologues sérieux, tantôt enfin de véritables pièces de théâtre, voire même des drames à faire pleurer.
    Au début, les costumes nous manquaient ; mais une randonnée dans les villages des environs nous enrichit ; nous avons recruté jusqu'à deux tenues de garde champêtre et autant de gendarme, sans compter celles de paysans et... de paysannes. On nous a même offert de nous louer un piano pour 50 francs pendant les six semaines de nos vacances. Nous n'avons pas osé accepter, mais on a suggéré l'idée de nous renouveler l'offre l'an prochain, pour le même prix !
    Il a fallu de l'entrain pour lancer et mener à bonne fin nos entreprises.
    Au total, sept séances furent données cette année, aussi nos vacances furent gaies. La joie nous fit davantage goûter et apprécier le bonheur d'être à Dieu et d'avoir tout quitté pour le suivre.
    D'un voeu unanime, on résolut déterminer la série de nos chants joyeux par une pièce où l'idéal aspirant missionnaire serait mis en pleine lumière : « L'Heure du Sang », du P. Bessières, fut jouée le dimanche 1er août, après les vêpres.
    Peut-être quelques-uns de nos lecteurs en connaissent-ils la trame : Le fils d'un instituteur athée est reçu à l'école normale supérieure, devient un fervent catholique, entre au séminaire malgré tous les efforts de son père, et est ordonné prêtre. La guerre de 1914 éclate, le jeune prêtre part en qualité d'officier, fait des prodiges de valeur, de sang-froid, sauve le drapeau de son régiment et est très grièvement blessé. Son père vient le voir à l'ambulance, et, dans un suprême entretien avec le mourant, il retrouve la foi.
    Beaucoup de nos Pères avaient répondu à notre invitation et étaient accourus prendre place parmi nous. Mgr de Guébriant, notre Supérieur, manquait ; il était parti pour la Bretagne afin d'y passer ses vacances.
    Une idée ingénieuse, l'installation d'un téléphone sur la scène, nous mit cependant en communication avec lui — au moins en apparence — et ainsi nous eûmes l'illusion qu'il recevait comme les autres Pères, les voeux et les témoignages d'affection de ses enfants...
    Que la pièce fût « bien réussie » c'est peut-être vrai; en tous cas ce n'est pas à nous à juger; ce qu'il importe de dire, c'est que chacun se sentait vivre en revoyant passer sous ses yeux l'histoire plus ou moins complète et fidèle de sa propre vocation.
    La séance se termina par une Cantate ou prière au Divin Moissonneur. Nous la reproduisons ici : elle est due à l'esprit et plus encore au coeur de l'un d'entre nous... Daigne le Christ entendre cette prière que nous faisons nôtre, et se laisser toucher par ses accents, pour envoyer enfin à sa moisson des ouvriers nombreux et généreux.

    II

    Tu nous sauvas jadis sur le Calvaire,
    Donnant ta vie et répandant ton sang;
    Mais, à ton Prêtre, à ton vrai mandataire,
    Tu confias le soin de tes enfants.

    III

    Roi Glorieux à qui toute la terre
    Fut réservée en héritage saint;
    Bien peu de coeurs t'adressent leur prière :
    Ils n'ont pour toi que mépris et dédain...

    IV

    A nous aussi tu dis comme aux Apôtres :
    « Je suis le Maître et je vous ai choisis...
    « Si vous m'aimez, pour moi quittez les vôtres,
    « Et vous serez à jamais mes amis... »

    V

    T'aimer, ô Christ, et vivre de ta vie;
    Porter au loin ta lumière et ton feu :
    Quel idéal! Notre âme en est ravie
    Et toute à toi s'abandonne, mon Dieu !

    VI

    Allume en nous la flamme apostolique
    Qui nuit et jour te brûlait de ses feux...
    Il faut qu'en fin l'Eglise catholique
    Règne sur terre ainsi que dans les cieux!

    VII

    Le grain de blé, s'il ne tombe en la terre
    Pour y périr, ne devient pas fécond...
    Notre sillon à nous, c'est le calvaire,
    Mais c'est aussi l'espoir de la moisson !

    VIII

    Fais de nous tous des serviteurs fidèles
    Vaillants et forts, mais fuyant tout éclat...
    Nous choisissons nos Martyrs pour modèles :
    Vivre comme eux et mourir au combat!

    Un aspirant missionnaire.

    1926/193-197
    193-197
    France
    1926
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