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Œuvre des partants

Œuvre des partants SOMMAIRE LETTRE DU DIRECTEUR DE L'OEUVRE. — ALLOCUTION DU P. NASSOY A LA MESSE DE L'OEUVRE DES PARTANTS, 7 MARS 1927. — NOTRE VENTE DE CHARITÉ. — L'OEUVRE DES PARTANTS A AMIENS. — DÉPART DE MISSIONNAIRES. — COTI — SATIONS PERPÉTUELLES. — DONS. — RECOMMANDATIONS. — NOS MORTS. LETTRE DU DIRECTEUR DE L'OEUVRE DES PARTANTS MESDAMES,
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    Œuvre des partants

    SOMMAIRE

    LETTRE DU DIRECTEUR DE L'OEUVRE. — ALLOCUTION DU P. NASSOY A LA MESSE
    DE L'OEUVRE DES PARTANTS, 7 MARS 1927. — NOTRE VENTE DE CHARITÉ. —
    L'OEUVRE DES PARTANTS A AMIENS. — DÉPART DE MISSIONNAIRES. — COTI — SATIONS PERPÉTUELLES. — DONS. — RECOMMANDATIONS. — NOS MORTS.

    LETTRE DU DIRECTEUR DE L'OEUVRE
    DES PARTANTS

    MESDAMES,

    Quand, il y a quelques semaines, Mgr de Guébriant que j'accompagnais à l'Ouvroir de Nazareth, voulut bien me confier le soin de diriger vos charitables initiatives, je vis dans ce foyer de travail l'image même de cette humble demeure où, sous le regard de son divin Fils, Marie travaillait pour Jésus.
    Une oeuvre est prospère quand elle atteint son but, quand elle réalise pleinement sa fin. Voilà quarante années que l'OEuvre des Partants, grâce à votre zèle toujours plus agissant, est la Providence des missionnaires de la Société des Missions Étrangères. Notre vénérable Présidente, Madame de Laubespin, en assure les traditions, elle qui dès la première heure en a connu l'esprit, et pour qui le fardeau des ans n'est que l'emblème de celui des mérites de toute une vie de dévouement à l'OEuvre.
    Les Missionnaires du dernier départ ont chanté leur reconnaissance aux Dames de l'OEuvre des Partants. Dans ces vers d'une poésie simple mais expressive, je retrouve la pensée de tous ceux qui les ont précédés dans la carrière apostolique depuis la création de Nazareth, car tous vous sont également redevables des dons qu'ils ont reçus de vos mains, et volontiers je redirais avec eux :

    Vous imitez la Vierge, dans son rôle de Mère ;
    Préparant pour son Fils des vêtements de lin ;
    La tunique du Christ est allée au Calvaire,
    Vos aubes serviront aux Messes du matin.

    La charité chrétienne a cette audace de ne jamais se lasser, et l'OEuvre d'aujourd'hui sera celle de demain.
    Les fulgurantes lumières qui, il y a quelques jours, dans la Chapelle des Missions Étrangères, fixaient sur le film la cérémonie d'Adieux des Partants, n'évoquent-elles pas dans nos pensées cette flamme ardente de l'Amour divin remplissant le coeur du Missionnaire et le conduisant jusqu'aux extrémités de la terre pour enseigner aux païens la grande nouvelle de la Rédemption ?
    Il faut aussi que ces lumières soient l'emblème de notre charité, afin que tout ce que nous faisons pour Dieu provienne en nous d'une intelligence, d'une affection et d'une volonté également purifiées par la flamme de l'Esprit sanctificateur.

    L. ROBERT.

    ALLOCUTION

    PRONONCÉE PAR LE P. NASSOY, A LA MESSE DE L'OEUVRE
    DES PARTANTS, LE 7 MARS 1927

    MESDAMES,

    Vous êtes venues, comme vous le faites chaque mois, unir vos prières à l'immolation de Jésus pour attirer sur l'Oeuvre des Partants, sur ses vivants et sur ses morts, sur vous-mêmes, les miséricordes divines. Ayant eu aujourd'hui l'honneur et la joie d'offrir le Saint Sacrifice à ces nobles intentions, j'ai demandé à Dieu de vous favoriser, Mesdames, autant qu'il est possible, royalement, à sa façon, et de vous faire comprendre de mieux en mieux combien belle est votre tâche, — cette tâche de « pourvoyeuses » des ouvriers que le Seigneur appelle dans sa vigne pour les rudes labeurs de l'apostolat en pays infidèles. Votre rôle surnaturel vous apparaissant plus nettement, vous sentirez en vous une ardeur nouvelle ; elle développera votre foi, votre enthousiasme, votre optimisme ; ne faut-il pas — pour toute marche en avant — ces vertus actives, comme il faut aux moissons le soleil et la rosée ? Dieu nous accorde quelque jour la joie de lui offrir ce que nous avons, passionnément, voulu pour sa gloire : il faut aux âmes qui s'emploient au salut d'autrui, cette passion qui écarte la lassitude, devant un spectacle effrayant, devant une tâche par trop immense.
    Des yeux humains ont vu le Christ pleurer, il y a 19 siècles sur des foules égarées : « Misereor... ! Messis quidem multa... J'ai pitié ! Comme abondante est la moisson et peu nombreux les ouvriers... ! » Cette constatation de détresse est toujours actuelle, et s'il le pouvait encore, Jésus continuerait de souffrir et de pleurer. Présumer l'Evangile annoncé à toutes les nations, est d'un optimisme insoutenable. Sur 1.700 millions d'êtres humains qui peuplent notre globe, un tiers au plus connaît le nom de Jésus-Christ. Et combien même semblent le connaître en vain ! Déconcerté, ne serait-on pas tenté de s'écrier : « Quae utilitas in sanguine tuo ? » Pourquoi, ô Christ, avoir versé ton Sang... ! Pauvre Jésus! Avoir tant reçu de soufflets et de crachats, avoir tant gémi, tant souffert, tant saigné, avoir été si affreusement crucifié! Etre Fils de Dieu, mourir fils de l'homme et aboutir après 19 siècles au catholicisme actuel ! Il naît chaque jour près de 100.000 enfants qui n'entendront jamais parler de Lui, ni de son Eglise. Et encore que nous ne sachions rien des abîmes de sa miséricorde, nous n'ignorons pas « qu'il n'y a de salut qu'en Lui », — et qu'une seule chose compte : le salut individuel des âmes.
    Tel est le spectacle que nous offrent les terres païennes.
    Les pays chrétiens vont, peut-être, calmer nos angoisses par leur consolante vision. Hélas ! Qu’y voyons-nous Les conquêtes de I'Evangile sont battues en brèche, soit brutalement comme au Mexique, soit insidieusement comme en France par la maçonnerie qui y poursuit l'organisation de la Société sans Dieu, hantise de tant de dirigeants. Le laïcisme infecte la société humaine. Beaucoup, S'ils n'ignorent pas Dieu, vivent comme s'ils l'ignoraient ! Que d'âmes sont muettes! Aucun chant de louange ne monte de ces âmes vers le ciel. Le blasphème remplace la prière : le mal sous toutes ses formes, brutales ou séduisantes, apparaît comme le maître de la terre. Petit est le nombre des âmes portant en elles la vie de la grâce : plus réduit encore celui de celles qui vivent de Dieu, pleinement ! Le mal est si grand dans notre Société qui fut imprégnée de christianisme, qu'en face de lui, les âmes aimantes, comme sont les vôtres, sont décontenancées et tentées de se décourager... « Que suis-je, moi ; que puis-je ? Un brin de paille endigue-t-il un torrent impétueux?... Un souffle de voix couvre-t-il le tonnerre horrible des multitudes qui blasphèment ? » Et pour peu que la parole déconcertante, parce que incomprise, du Christ résonne comme un glas : « Mon royaume n'est pas de ce monde », l' «à quoi bon » de toutes les capitulations, de tous les lâchages, tente de s'imposer... : « A quoi bon travailler, vouloir étendre le règne de Dieu, tenter l'impossible, venir en aide aux pionniers d'une tâche vouée, en fin de compte, au fatal insuccès... ! »
    Vais-je vous décourager, alors que, il y a un instant, je parlais de foi, d'enthousiasme, d'optimisme... ? Non, Mesdames! Cette vision douloureuse, pour réelle qu'elle soit, ne doit pas vous faire oublier que le dernier mot — mot de victoire, — c'est le Christ qui l'aura : « Confidite ! », ayez confiance ! Finalement, Il triomphera... ! Mais, et c'est ici un grand mystère d'amour, pour que son règne arrive, Lui qui n'a besoin de rien, ni de personne, Il veut pouvoir compter sur nous. D'après saint Thomas, les anges des choeurs inférieurs reçoivent la lumière de ceux des choeurs supérieurs, qui eux, la tiennent de Dieu. Nous avons reçu les divines clartés de la Foi; il est de notre devoir de les communiquer à ceux qui ne les ont pas! En vous attachant de toute votre âme à l'Oeuvre des Partants — à cette Oeuvre dans toute son ampleur surnaturelle — vous répondez au désir de Dieu; vous mettez son Coeur à l'aise puisque Il voit qu'Il peut compter sur vous, pour illuminer ceux qui sont sans lumière, pour que son Règne arrive.
    Votre oeuvre est, avant tout, une oeuvre surnaturelle. N'y voir qu'une association de charité, rendant à de jeunes missionnaires des services d'ordre matériel, serait se méprendre sur la pensée des âmes ardentes qui l'organisèrent. Certes, ces jeunes prêtres ont besoin qu'on leur vienne en aide, comme eurent besoin du secours de pieuses femmes les premiers ouvriers apostoliques. Mais, à ces ressources, doit s'ajouter une profonde charité spirituelle, attirant sur eux des grâces de force, de défense et de fécondité. Vous êtes de l'intimité du Christ : or, toujours depuis 19 siècles, les intimes de Jésus, choisis par Lui comme tels, furent appelés à collaborer au salut des masses en appuyant les Apôtres. C'est cela surtout que le Maître vous demande : de remplir votre rôle d'orantes, de soutien spirituel des ouvriers du Royaume du Christ sur la terre.
    Quand Jésus dit cette parole que je vous citais : « Mon Royaume n'est pas de ce monde», c'était devant Pilate. Les Saducéens, négateurs de l'immortalité de l'âme, les Pharisiens à l'orgueil insolent, les Hérodiens adorateurs du pouvoir et de la richesse, l'entouraient, telle une meute avide de sang. Certes, Il pouvait dire, alors : « Mon Royaume n'est pas de ce monde-là, je ne puis être Roi de ces esclaves ». Mais, ajoute saint Augustin, Jésus n'a pas dit : « Mon Royaume n'est pas dans ce monde, —mais — de ce monde ». Car ici-bas se trouve son Royaume. Il commençait alors : ses fidèles, s'ils n'étaient au Prétoire, furent au Calvaire, ils se trouvaient trois : sa Mère, Jean, Madeleine ; et depuis — à leur suite — des multitudes sont venues — et vous en êtes — continuant les fidélités du Calvaire, voulant atteindre le Christ en plein Coeur, en le soutenant en la personne de ceux qui le prolongent dans l'humanité, ses prêtres apôtres, les ouvriers de son Royaume.
    Vous l'avez compris, Mesdames, l'oeuvre de la Rédemption es t, dans le plan divin, intimement liée aux destinées du sacerdoce. Selon qu'il est plus ou moins nombreux, plus ou moins apostolique, selon que son action est libre ou entravée, Jésus-Christ croît ou diminue dans les âmes! Travaillant pour le Règne du Christ par son Sacerdoce, — notamment pour son Règne lointain, par ses apôtres des lignes avancées de son Eglise, — c'est sous un jour surnaturel et grandiose que vous envisagez votre oeuvre qui, par les moyens appropriés:, doit s'employer à multiplier les apôtres! Vous devez passionnément vouloir que vos « Partants » soient le nombre et d'une sublime qualité.
    C'est sur ces sommets qui vous sont habituels, que j'ai voulu retenir vos regards, afin que stimulées d'abord par la détresse des multitudes sans toi et sans vie, ensuite par la grandeur de votre tâche, vous y preniez un goût nouveau et une nouvelle ardeur : l'accroissement est la loi des êtres et des oeuvres qui veulent vraiment vivre.
    « Une âme qui vibre, disait le cardinal Newman, soulève le monde ». Le mal aura beau dominer par le nombre, l'étendue et les ravages, il peut-être compensé, dominé à son tour par un petit nombre d'âmes ; l'amour qui les anime peut donner à Dieu une somme de gloire qui dépasse celle dont le prive l'immensité du mal. Les moindres prières, les actions les plus familières d'âmes vibrantes ont une valeur mille fois supérieure au pauvre aspect qu'elles représentent, parce que le Verbe et l'Esprit opèrent, avec l'âme, chacun de leurs actes. Une heure de l'humble travail pour l'Oeuvre des Partants est une heure divinisée aux formidables répercussions pour les âmes de vos protégés, pour le Royaume de Dieu. Ah ! Faits par amour, quelle envergure ils prennent, ces humbles travaux de couture.
    Le 27 janvier dernier mourait à ShangHai une religieuse Auxiliatrice du Purgatoire. Pendant de très longues années, elle avait travaillé pour l'Eglise, pour la Chine, avec un zèle admirable. Ses Soeurs l'entouraient, lui recommandant de multiples intentions pour qu'elle les présentât à Dieu : « Je ne lui dirai rien de tout cela, au Bon Dieu, dit la mourante; pour vous toutes, je ne demanderai qu’une chose, qui suffit à tout... l'amour... »
    « Mon Royaume, disait Jésus, est semblable au levain qu'une femme prend et mêle à trois mesures de farine jusqu'à ce que le tout soit fermenté ». Le levain, c'est l'élite qui patronne une oeuvre, la rend progressive, conquérante! Sous votre impulsion, fasse Dieu qu'un jour cette Crypte des Martyrs soit, aux Messes mensuelles, remplie de collaboratrices. Les besoins sont pressants. Satan saccage l'Orient, veut arrêter, anéantir les conquêtes du Maître, la marche en avant de nos missionnaires. Paralysez ses tentatives par de nouveaux efforts, par la mobilisation de toutes les bonnes volontés que vous pourrez atteindre, autour de ceux qui luttent là-bas pour le Christ. Il compte sur votre « Sursum ! » qui ne peut manquer d'être communicatif, et d'entraîner dans son élan vos liliales de France.
    Ayez foi en votre puissance : Dieu est avec vous puisque c'est son oeuvre que vous faites. « Duc in altum et laxate retia » — « Au large! Lancez vos filets » : c'est pour la gloire divine !
    Les Anges et les Martyrs, l'armée des missionnaires plongés dans la vision béatifique, les millions d'âmes sauvées par eux au cours des âges passés, toute la grande famille des Missions Étrangères, — dont vous êtes — vous murmurent cet appel, du fond des splendeurs qu'ils habitent. C'est là-haut que cette gloire se déploie ; c'est ici-bas qu'elle se forme ; chacun de ses rayons s'élabore dans - nos ténèbres, nos difficultés, nos peines, au prix de durs efforts. Mais qui dira ce qu'ils vous vaudront, ces efforts, quand Jésus, pour avoir amené à son coeur des âmes en détresse, vous introduira, pour les fêtes éternelles de l'esprit et du coeur, dans le royaume de là-Haut, dont II est l'enivrement et la lumière. Amen.

    NOTRE VENTE DE CHARITÉ

    Cette année, comme les années précédentes, la vente de charité en faveur de l'Oeuvre des Partants a attiré de nombreux visiteurs dont la sympathie pour notre Oeuvre s'est affirmée d'une façon pratique.
    Comment d'ailleurs résister à l'attrait fascinateur des porcelaines de Chine, des broderies de Pékin et de Canton, des laques du Japon, des bouddhas de l'Inde et du Siam ? A côté des richesses artistique extrême-orientales, il y avait aussi une exposition très variée d'objets utiles : articles de bureau, vêtements d'enfants, lainages, ornements, linge d'autel, etc., etc., voire des bâtonnets pour manger correctement le riz d'Annam et, pour le corser, un sachet de poivre de Cochinchine !... bref, de quoi satisfaire tous les goûts et permettre aux grands et petits acheteurs de mesurer leurs désirs à leur bourse.
    Peut-être que les questions de change n'avaient pas été aussi étudiées que les opérations de notre ministre des Finances, car j'ai vu des coffrets laqués, valant au Japon 5 ou 6 yens, mis à la disposition des acheteurs pour la somme de 30 fr. L'affaire était donc tentante et, de fait, elle a tenté bon nombre de visiteurs.
    L'amabilité de nos chères vendeuses invitait discrètement les amis des Missions à échanger leurs francs papier contre un article qui avait le double avantage d'être un souvenir et une aumône.
    Les journées des 5 et 6 mai ont donc été fructueuses et quand la vente a pris fin tous les comptoirs étaient presque entièrement dégarnis, ce qui est la meilleure indication d'une vente très réussie.
    Nous aurions commis un oubli si nous ne disions que le buffet était abondamment approvisionné et pour un prix moins élevé que celui que les visiteuses paient au Pré Catelan, on avait un thé de Chine aussi délicatement servi que celui que l'on sert au Magestic-Hôtel de Sanghaï.
    Aux visiteurs et aux vendeuses nous offrons nos meilleurs remerciements et leur exprimons notre très vive reconnaissance.

    L'OEUVRE DES PARTANTS A AMIENS

    La réunion annuelle de la Section de l'Œuvre des Partants à Amiens, a eu lieu le 9 mai sous la présidence de Mgr de Guébriant, au siège de l'Œuvre, chez les Fidèles Compagnes de Jésus.
    S. G. Mgr Lecomte, évêque d'Amiens, a eu pour tous, pour notre Œuvre et ses zélatrices, pour notre vénéré Supérieur et ses chères Missions, des paroles d'exquise délicatesse et de puissant recors fort qui ont profondément touché l'assistance.
    Nos associés seront heureux de lire ici le texte du rapport annuel de Madame Prévost, présidente de la section d'Amiens.

    Monseigneur,

    La joie de voir Votre Grandeur au milieu de nous est d'autant plus vive que nous avions craint qu'ayant à se décharger de la Direction de l'Oeuvre des Partants, Elle ne nous fasse plus l'honneur de venir présider notre réunion générale. Mais toujours aussi bienveillante, et voulant une fois de plus encourager nos faibles efforts, Elle a daigné venir jusqu'à nous. Qu'Elle en soit remerciée, comme de tous les témoignages de sympathie accordés à notre groupe d'Amiens durant ces dernières années.
    A vous aussi, Monseigneur (1), nous devons exprimer toute notre gratitude : il faut que nous soyons assurées de l'extrême bonté de Votre Grandeur, de son dévouement aux oeuvres missionnaires, pour aller La solliciter d'honorer nos réunions de Sa présence, alors que nous savons qu'une lourde tâche Lui incombe et combien il lui est difficile de trouver le temps suffisant pour en consacrer un peu à toutes les oeuvres du diocèse.

    (1) Mgr Lecomte, évêque d'Amiens.

    Nous avions espéré que Mgr Chambon, qui vient d'être sacré archevêque de Tokyo, nous ferait aussi l'honneur d'être là : il n'a pu malheureusement se rendre libre. Je suis encore émue au souvenir de la belle cérémonie du sacre qui s'est déroulée mercredi dans la chapelle des Missions Etrangères ; cérémonie d'autant plus impressionnante que le nouveau consacré est appelé dans un si lointain diocèse : en cette circonstance les Litanies des Saints, dont des invocations nous paraissent bien superflues dans nos pays occidentaux, faisaient allusion à des dangers bien réels là-bas : « du fléau des tremblements de terre, de la peste, de la famine et de la guerre... délivrez-nous, Seigneur ! » Nos Associées n'ont pas oublié avec quel coeur et quelle chaleur Mgr Chambon nous a parlé des Missions lors de notre dernière réunion et encore pendant le carême. Il faisait à la Salle Notre Dame une conférence sur le Japon qui laissait entrevoir tout son attachement à cette contrée a évangélisée durant assez -longtemps. Aussi le Souverain Pontife ne pouvait-il faire meilleur choix en le désignant pour être à la tête de l'Eglise de Tokyo. Nous avons confiance que, sous sa direction, elle ne fera que prospérer et que son pontificat sera pour vous, Monseigneur, une source de précieuses consolations.
    Nous tenons à saluer notre nouveau Directeur, le R. P. Robert ; je n'ose en sa présence répéter tout le bien que j'ai entendu dire de lui ; mais ce qu'il a réalisé en Chine, tant pour les Missions que pour la France, nous donne l'assurance que l'Oeuvre des Partants ne pourra que continuer à prospérer et à coopérer de plus en plus à l'extension des Missions Etrangères.
    Nous ne saurions vous oublier, M. le Chanoine, et nous vous remercions de bien vouloir nous permettre de recevoir à l'issue de nos réunions la bénédiction du S. Sacrement. Nous vous renouvelons le souhait qui vous a été adressé le jour de vos noces d'or et que longtemps encore vous veniez parmi nous.
    Voilà bien des sujets de satisfaction pour nous aujourd'hui ; pourquoi faut-il qu'il s'y mêle des regrets et que nous ayons la peine de ne plus pouvoir évoquer que la mémoire de notre chère et si dévouée Présidente, Madame Antoine ! Elle s'était consacrée de tout coeur à l'Oeuvre des Partants, travaillant beaucoup et faisant travailler pour préparer les belles expositions d'ouvrages dont nous nous rappelons. Son dévouement pour les oeuvres, sa résignation dans le sacrifice, sa patience dans l'épreuve ont dû lui préparer là-haut une belle récompense. C'est la seule consolation de sa famille, au milieu de laquelle une femme forte et chrétienne, comme elle l'était, laisse un si grand vide.
    Nous prenons bien part à tous vos deuils, Monseigneur, et, hélas! Chaque année des vides toujours trop nombreux se font parmi les Missionnaires ; mais nous avons particulièrement ressenti la perte que viennent de faire les Missions en la personne du P. Launay. Son nom reste attaché à bien des ouvrages qui ont trait à votre Société ; il en était un membre très actif. Il faut espérer que de là-haut il : vous aidera à combler le vide que sa mort a laissé.
    Si un notable changement est survenu dans cette chère Mai son (1), il n'y en a pas pour l'accueil que nous y recevons. Toujours la même bienveillance à notre égard, et nous serions tentées de croire que les Révérendes Mères n'ont que nous à recevoir, tant elles sont toujours à notre disposition, si nous ne savions qu'au contraire, c'est ici un continuel mouvement pour les OEuvres. Mais là où il y a la charité du Christ, on ne connaît pas de lassitude pour ce qui est fait en son nom.
    Il me reste à entretenir V. G. de notre Œuvre même. Le nombre des Associées n'a pas sensiblement varié ; si nous avons eu la satisfaction d'inscrire da nouveaux noms, par contre nous avons vu disparaître un certain nombre d'Associées de la première heure : Mlle Vasseur, Mlle Henriette Leclercq, Mme Le Roy Dompierre, Mme Schylte, Mme Bullot, Mme Terrien.
    La Journée des Missions, organisée avec tant de dévouement par M. le Vicaire général Lamy, dont la présence aujourd'hui nous est une nouvelle preuve de tout le zèle apostolique, a été très suivie à Amiens et aurait dû nous attirer plus de nouvelles Adhérentes. Il ne faut pas que l'intérêt qu'on a semblé témoigner aux Missions soit stérile : il faut les aider efficacement. Nous en fournissons les moyens, soit par les cotisations, soit par le travail pour les Missionnaires. Nos réunions de chaque mois sont assez régulièrement suivies ; si nos Associées n'y viennent pas en plus grand nombre, il faut reconnaître que pas mal d'entre elles prennent de l'ouvrage et que même quelques-unes travaillent très activement pour l'OEuvre. Votre Grandeur s'en convaincra en regardant les travaux de l'année. Il le faut d'ailleurs, car, grâce à Dieu, le nombre des Partants a augmenté ces dernières années ; aussi les besoins croissant, il faut être animé de plus de générosité. Bien des catholiques, sur ce point, ne comprennent pas leur devoir ; ne se rappellent-ils plus le commandement évangélique : « Allez, enseignez toutes les Nations ! » Puisqu'il nous est impossible d'y obéir par nous-mêmes, nous devons aider ceux qui sont appelés à cette noble mission.
    (1) Le couvent des Fidèles Compagnes de Jésus.

    Ne pouvons-nous demander à chacune de nos Associées (quel regret qu'elles ne soient toutes là pour entendre !) de trouver une nouvelle Adhérente? Nous pourrions ainsi faire mieux et surtout le bon Dieu serait heureux que nous aidions à Lui gagner des âmes; nous augmenterions nos mérites qui sont si peu de chose en comparaison des mérites de ceux pour qui nous travaillons et qui sacrifient tout pour Lui. Nous répondrions au désir tant de fois exprimé par le Souverain Pontife qui recommande instamment les Missions. Nous serions heureuses, Monseigneur, de vous causer un peu de joie, tant nous comprenons que la lourde tâche confiée à V. G. lui réserve de soucis, d'angoisses ! Votre coeur n'est-il pas, en ce moment, étreint par la pensée de ce que certains de vos enfants peuvent avoir à supporter en Chine, et n'en est-il pas ainsi presque constamment'?
    Qu'au moins en France vous trouviez de nombreux dévouements, de multiples sympathies qui vous soient des sujets de réconfort et d'espérance. Puissions-nous être du nombre de ceux qui cherchent à vous consoler !

    1927/347-357
    347-357
    France
    1927
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