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JOURNÉES DU PATRIMOINE et FÊTE DES JARDINS Septembre 2017 (13h00 16h45)

Jardin des Missions Étrangères de Paris

16, 17, 23 et 24 septembre 2017 Jardin des Missions étrangères

Ouvertures exceptionnelles du jardin des Missions Étrangères JOURNÉES DU PATRIMOINE et FÊTE DES JARDINS
Missions Etrangères de Paris - 128 rue du Bac - 75007
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LE JARDIN DES MISSIONS ÉTRANGÈRES

Derrière les immeubles formant l’angle des rues du Bac et de Babylone s’étend un jardin privé d’un hectare. Sa création remonte au 17e siècle, époque de l’établissement, au 128 rue du Bac, du «séminaire des Missions Etrangères». Ce jardin a un accès direct sur la rue de Babylone, laquelle doit son nom à Mgr Bernard de Sainte Thérèse qui, en 1638, fut nommé évêque de Babylone (Irak actuel). Il avait fondé en ce lieu un séminaire destiné à préparer des missionnaires pour des pays loin- tains. Mais trop longtemps absent de Paris et sans doute mal secondé, l’évêque ne put jamais faire fonctionner son séminaire. Il le céda à la Société naissante des «Missions Etrangères» légalement reconnue en 1663 pour la formation de prêtres et de laïcs français destinés aux Missions de l’Asie. 

Le jardin actuel est le résultat de la réunion de plusieurs parcelles qui, au 17e siècle, étaient des jardins potagers privés. Les directeurs du séminaire eurent le soin de les acheter l’une après l’autre, surtout à l’occasion de successions. Il fallut 70 ans pour constituer le jardin dans ses dimensions actuelles. Son plan, exécuté par un disciple de Le Nôtre et approuvé par le Maître est celui d’un «jardin à la française» avec ses allées rectilignes et ses «tapis verts». Depuis sa création, il n’a subi aucune modification importante et fait, aujourd’hui encore, l’objet de soins attentifs.

Ce jardin est agrémenté de quelques curiosités (cloche chinoise, oratoire, statues...) qui évoquent la vie des prêtres des Missions Etrangères de Paris dont l’activité s’exerce, depuis plus de trois siècles, en Asie du Sud-Est et en Asie de l’Est.

 

1 - Cloche chinoise

Rapportée de Chine et offerte au Séminaire des Missions Etrangères, en sep- tembre 1858, par le contre-amiral Rigault de Genouilly, au nom du corps expédition- naire français à Canton, cette cloche fut placée dans le jardin en 1873. Une inscription écrite en caractères chinois porte qu’elle fut dédiée à Kouan-in, déesse bouddhique de la grande bonté et de la miséricorde, en la 61e année de l’ère Kang-hy (1721). 

 

2 - Oratoire

Cet édicule, dont la toiture évoque un chapeau chinois, fut construit dans un angle du jardin vers 1844. Les séminaristes des Mis- sions Etrangères, que l’on appelait alors «les aspirants», se réunissaient chaque soir pendant un mois, pour prier à l’oratoire du jardin, après le départ des missionnaires. On allumait à cette occasion un cierge sur lequel étaient inscrits les noms des partants. Cette tradition pourrait être mise en relation avec le naufrage du Mercedes en mer de Chine : 8 mis- sionnaires étaient à bord de ce navire, qui disparut corps et bien en 1860. 

 

 

 

3 - Statues au détour des allées


Trois statues sont disposées dans des écrins de verdure :

statue de Saint Pierre, érigée en 1863

statue de Saint Joseph en fonte, érigée en 1867

statue du Sacré-Coeur, érigée en 1936.

 

Une évocation... pour la petite histoire!

En juillet 1838, Chateaubriand s’installa dans l’hôtel particulier du 120 de la rue du Bac . Il y mourut le 4 juillet 1848 et ses obsèques furent célébrées dans la chapelle des Missions Etrangères. Véritable testament de l’écrivain, les dernières lignes de ses «Mémoires d’Outre-Tombe» expriment le pressentiment de sa mort prochaine :

«En traçant ces derniers mots, ce 16 novembre 1841, ma fenêtre qui donne à l’ouest sur les jardins des Missions Etrangères est ouverte : il est six heures du matin; j’aperçois la lune pâle et élargie ; elle s’abaisse sur la flèche des Invalides à peine révélée par le premier rayon doré de l’Orient : on dirait que l’ancien monde finit et que le nouveau commence. Je vois les reflets d’une aurore dont je ne verrai pas se lever le soleil. Il ne me reste qu’à m’asseoir au bord de ma fosse ; après quoi je descendrai hardiment, le crucifix à la main, dans l’éternité». Fin des Mémoires d'Outre-Tombe

Chateaubriand fut enterré près de St Malo, dans l’ilot du Grand-Bé, face à l’océan.