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LEtablissement du Christianisme dans lInde 2 (Suite)

  • Auteur : Croze
  • Pays : Inde
  • Année : 1924
  • Code : 1924/696-711
  • Page : 696-711
LEtablissement du Christianisme dans lInde


II. Saint Thomas et la Tradition

Il est de tradition constante que, lorsque la Apôtres se partagèrent le monde pour y prêcher lEvangile, lInde citérieure, cest-à-dire lInde située en deçà de lIndus par rapport à lEurope, échut à saint Barthélemy comme sa portion particulière dans le champ du Seigneur, et lInde proprement dite, cest-à-dire la partie située au delà de lIndus, à saint Thomas.

En ce qui concerne saint Barthélemy, le Bréviaire Romain rapporte quil annonça aux peuples de lInde citérieure la venue du Seigneur Jésus. Il convertit dans ces contrées un grand nombre de personnes à la foi du Christ et, y ayant accompli beaucoup de travaux et supporté beaucoup de calamités, il se rendit dans la grande Arménie.

Eusèbe et saint Jérôme ont conservé la même tradition. Daprès Eusèbe, Panthène pénétra jusquau pays des Indiens, et y trouva entre les mains de certain individus, qui avaient connaissance du Christ, lEvangile de saint Matthieu, qui y avaient été porté avant lui. Sil faut en croire la renommée, cest Barthélemy, un des 12 Apôtres, qui y avait autrefois prêché le Christ et y avait laissé lEvangile de Matthieu, écrit en caractères hébraïques. Saint Jérôme est plus explicite encore : Panthène était dune telle prudence et dune telle érudition que sa réputation parvint dans linde et que, à la prière de personnes députées de ce pays, il y fut envoyé. Il apprit que Barthélemy, un des 12 Apôtres, y avait annoncé la venue de Notre-Seigneur Jésus-Christ, selon lEvangile de saint. Matthieu, et, quand il revint à Alexandrie, il rapporta avec lui lexemplaire de cet Evangile, écrit en caractères hébraïques, quil y avait trouvé. (1)

Quant à lapostolat de saint Thomas dans lInde, bien que certains critiques modernes aient essayé de le mettre en doute, leurs arguments sont loin dêtre probants, et ils auront encore fort à faire pour détruire lopinion commune et constante, basée sur les témoignages des Pères et des historiens, les traditions séculaires du pays et les découvertes faites au cours des siècles, qui affirme que saint Thomas est réellement venu dans lInde, après avoir évangélisé les peuples de lAssyrie et de la Perse, et quil y a couronné par le martyre ses travaux apostoliques.


(1) Laouënan. Le Brahmanisme, II, p. 377-378.

Dans les premiers siècles, Origène, Eusèbe, S. Grégoire de Nazianze, S. Jérôme, Gaudence de Brescia, Théodoret, S. Ambroise, S. Grégoire le Grand, S. Grégoire de Tours, pour ne citer que les plus célèbres, soutiennent cette tradition. Au IXe siècle, deux voyageurs mahométans, dont les récits ont été traduits par labbé Renaudot, racontent quils arrivèrent dans une ville nommée Beïtouma (ville ou demeure de Thomas). La Chronique des Saxons, écrite au commencement du XIIe siècle par le moine bénédictin Guillaume de Malmesbury, rapporte quen len 883 lévêque Sijhelm Schireburn fut envoyé par le roi Alfred le Grand au tombeau de S. Thomas dans lInde, pour y offrir des présents en reconnaissance des victoires que Dieu lui avait accordées, le vénérer en son nom et rapporter de ses reliques. Plus tard le Vénition Marco Polo qui visita lInde vers 1292 ou 1293, relate dans son Recueil de Voyages que le corps de S. Thomas est dans la province de Maabar (Malabar), aux environs dune pauvre petite ville où les habitants et les marchands sont en petit nombre, parce quil y a peu de trafic à faire ; mais la dévotion y attire une multitude de chrétiens. Les Sarrasins ont aussi une profonde vénération pour ce lieu ; ils disent que le saint Apôtre était un grand prophète, et ils lappellent Averrüas, ce qui dans leur langue signifie saint homme.

Enfin, vers la même époque, un missionnaire dominicain, passant par lInde pour aller porter la foi en Tartarie, écrivait aux religieux de son Ordre : En ce royaume de lInde prescha Monseigneur Saint Thomas lApostre et convertit à Dieu moult de princes. Mais, pour ce que ces princes sont loing des autres païs, là où lon croit en Dieu, pour ce est moult la foy crestienne amoindrie, et il ny a plus que une petite ville là où tient la foy crestienne. Toutes les autres villes et citez du dict païs ont laissé la foy de Dieu. (1)

Les traditions et la liturgie des chrétientés syro-chaldéennes établies sur la côte malabare, corroborent tous ces témoignages. Ces traditions, en effet, rapportent quen lan 52 de notre ère, lApôtre S. Thomas, sétant dirigé vers lInde par la Mer Rouge, sarrêta dabord à Socotra, puis arriva à Cranganore, aujourdhui dassez peu dimportance, mais qui était alors un port florissant, nommé par les anciens géographes Mouziri. Il fonda sur la côte malabare sept chrétientés principales : Niranam, Quilon, Chayal, Cockamangalam, Maliankara (ou Cranganore), Kotakaw et Palur, qui subsistent encore aujourdhui et dont les églises sont en grande vénération, non seulement parmi les chrétiens, mais encore parmi les païens (2). De la il se rendit à Callianapur, ville considérable située dans le Konkan, au nord de Mangalore, et y convertit un grand nombre de personnes. Cest de Callianapur quil vint à Callamine, ou Meliapour, près de Madras, sur la côte occidentale de la presquîle (3). Là aussi, ses travaux furent couronnés de succès. Le roi du pays, frappé des miracles quil opérait, se convertit avec toute sa famille et lui accorda un terrain pour y bâtir une église. LApôtre bâtit un petit oratoire où il pût célébrer les saints Mystères. Puis, ayant érigé sur une grande pierre, à quelque distance de la mer, une croix, que lon voit encore, il prédit aux habitants que lorsque la mer viendrait battre au pied de cette croix. Dieu leur enverrait d:un climat éloigné des hommes blancs qui leur prêcheraient la même doctrine quil leur avait enseignée ; prédiction que lévénement justifia par la suite ; car, lorsque les Portugais firent la conquête du Coromandel, lOcéan avait tellement gagné dans les terres quil était au pied de la croix.


(1) Laouënan, Brahmanisme, II, 379, 380. (2) Madras Catholic Directory, 1910, p. 204. (3) Laouënan, Brahmanisme, II, 380.

Mais les brahmanes, dont il ruinait les ressources en même temps que la religion, complotèrent sa mort, et, un jour que lApôtre était en prière au pied de la croix, un des prêtres brahmanes le tua dun coup de lance. Des soldats, qui accompagnaient le meurtrier, as sommèrent le martyr à coups de pierres et le percèrent de flèches. Son sang rejaillit sur la pierre et sur la croix, où lon en voit encore des traces. Le corps du saint, pieusement recueilli par le clergé et les fidèles, fut déposé dans léglise quil avait lui-même bâtie à quelque distance de la ville ; et dans le tombeau ses disciples mirent, avec le corps, le fer de la lance dont il avait été percé, le bâton dont il se servait dans ses voyages, et une urne pleine de terre teinte de son sang (1). Cétait en lan 67, daprès la tradition (2).

Bien loin que sa mort fût loccasion de la ruine de cette Eglise naissante, grâce à la protection du roi du pays, la chrétienté de Méliapour augmenta rapidement ; elle eut ses évêques, ses prêtres et ses diacres, et resta longtemps florissante.

Au commencement du IIIe siècle, à la prière des chrétiens de Syrie, lempereur Alexandre Sévère envoya une ambassade au roi du pays pour lui demander des reliques du saint. Ce fut à cette occasion, si lon en croit les Actes et le Livre de la Passion de S. Thomas, quune partie du corps de lApôtre fut transportée à Edesse, en Mésopotamie. (3)

Plus tard diverses découvertes sont venues confirmer Ces traditions. En 1521, les Portugais, en faisant des fouilles sous les ruines dune ancienne église à Meliapour, découvrirent à une assez grande profondeur un sépulcre renfermant quelques parcelles dossements, un fer de lance enchâssé dans du bois, un débris de bâton ferré, et une image de S. Thomas sculptée en marbre. La disposition du monument et la tradition locale étant parfaitement daccord, ou reconnut dans ces divers objets les reliques de lApôtre ; ils furent déposés dans une châsse enrichie dornements dargent, et plus tard on les transporta à Goa, où lon érigea en leur honneur une belle église (4). Pour commémorer cet événement, Jean III, roi de Portugal, donna lordre de changer le nom de la ville qui serait désormais à appelée San Thomé. On lappelle encore aujourdhui indifféremment Meliapour ou San Thomé. De plus, on mit dans la chapelle dédiée à lApôtre, au fond de lautel, la pierre sur laquelle il avait été massacré. (5)

En lannée 1543, on présenta à Martin-Alphonse de Souza, gouverneur portugais des Indes, une lame de cuivre couverte de caractères à moitié usés, et que personne ne pouvait lire. Enfin un savant juif réussit à en donner linterprétation : cétait lacte de la donation faite par le roi contemporain à lApôtre S. Thomas, dune certaine étendue de terrain pour y bâtir une église. Tout ceci est rapportés par Dujarric, qui le tire dOsore, lhistorien dEmmanuel, évêque de Syeves en Algarve.


(1) Giry. Vie des Saints (S. Thomas). (2) Madras Catholic Directory 1910, p. 204. (3) Laouënan, Brahmanisme, II, 381. (4) De Bussière, Le Schisme portugais dans les Indes, p. 13. Giry. Vie des Saints (S. Thomas). .

Le même auteur ajoute quen 1548 quelques Portugais de Meliapour ou San Thomé voulurent ériger une chapelle sur un coteau voisin de la ville, où lon disait que lApôtre avait été martyrisé par les brahmanes. En creusant les fondations du nouvel édifice, on découvrit un bloc de marbre blanc, long de deux pieds et large dun pied et demi ; il portait, gravée en relief, une croix dont les 4 extrémités étaient ornées de fleurs de lis évasées ; une colombe surmontait la partie supérieure de la croix et semblait la becqueter. Une triple arcade entourait le signe du salut, et extérieurement on y voyait des caractères étranges et inconnus. Des taches de sang apparaissaient en différents endroits de la croix et de la pierre ; on les toucha avec un linge, et elles y laissèrent leur empreinte. Le monument fut transporté. sur lautel de la nouvelle chapelle et de nombreux miracles ne tardèrent par à avoir lieu. Le 18 décembre, pendant la messe, au moment de lévangile, la croix recommença à rendre du sang, et elle changea plusieurs fois de couleur pendant la durée du S. Sacrifice. Le même prodige se reproduisit presque tous les ans, au même jour et au même moment de la messe ; il est attesté par les témoins les plus dignes de foi. Voici ce quen dit le célèbre P. Tachard, missionnaire aux Indes, à une époque postérieure : Huit jours avant la Noël, les Portugais célèbrent avec beaucoup de solennité une fête quils appellent de lExpectation de la Sainte Vierge. Il arrive quelquefois en ce temps-là un prodige qui contribue beaucoup à la vénération que les peuples ont pour ce saint lieu. Ce prodige est si avéré, si public, et examiné de si près par les catholiques et les protestants qui viennent en foula ce jour-là à léglise, que les plus incrédules dentre eux ne peuvent le révoquer en doute.

Cependant on désirait connaître la signification des lettres bizarres qui entouraient la croix. Le gouverneur et le curé de San Thomé sadressèrent à un brahme très savant du royaume de Narsingue. Il déclara que cétaient des signes hiéroglyphiques, et en donna la traduction suivante : Trente années après que la loi des chrétiens apparut au monde, le 21 du mois de décembre, lApôtre saint Thomas mourut à Méliapour, où il y eut connaissance de Dieu, changement de loi et expulsion du démon. Dieu naquit de la Vierge Marie, fut sous son obéissance lespace de 30 ans, et cétait un Dieu éternel. Ce Dieu enseigna sa Loi à 12 Apôtres, et lun deux vint à Méliapour avec un bourdon à la main et y construisit une église. Le roi de Malabar et celui de Coromandel, et celui de Pandi, et autres de diverses nations et sectes, se déterminèrent de bonne volonté et dun commun accord à sassujettir à la loi de saint Thomas, homme saint et pénitent. Vint alors le temps où saint Thomas mourut par les mains dun brahmane, et de son sang il fit une croix. Un second brahmane, appelé dun pays éloigné et qui ne put pas se concerter avec le premier, expliqua de la même manière la mystérieuse inscription. Lévêque de Cochin envoya en 1562 au Cardinal-Infant Henri, qui devint par la suite roi de Portugal, la relation authentique de tout ce que nous avons rapporté ici. (1)

Les traditions et les Laits concourent donc à démontrer que saint Thomas est bien venu dans lInde, y a prêché lEvangile et y a obtenu la couronne du martyre à Méliapour. Les chrétiens malabares en conservent pieusement le souvenir, et tous les ans des foules de pèlerins sacheminent de toutes les parties du Sud de lInde vers Méliapour pour aller prier sur le tombeau de leur premier pasteur.

III. De S. Thomas au Nestorianisme
(Ier Ve SIÈCLES).

S. Thomas avait fait sur la côte malabare de nombreuses conversions ; plusieurs familles brahmes avaient embrassé la religion chrétienne et une branche des Nambudri, brahmes de lancien royaume Kerala, shonore encore aujourdhui davoir eu parmi ses ancêtres plusieurs de ses membres ordonnés prêtres par lApôtre lui-même (2). Saint Thomas, après avoir fondé diverses chrétientés, y ordonna des prêtres et établit un évêché. Sur la côte de Coromandel, où il reçut la couronne du martyre, son apostolat navait pas été moins fécond. Le roi du pays, comme nous lavons vu plus haut, avait reçu le baptême ; et il est à croire que la religion se développa rapidement dans les contrées soumises à son autorité. Les rois voisins, frappés des prodiges opérés par lApôtre, nétaient point opposés à la diffusion de la nouvelle doctrine ; même, si lon sen rapporte à linscription découverte en 1548 et citée précédemment, ils auraient eux-mêmes de bonne volonté et dun commun accord embrassé la religion.


(1) De Bussière, le Schisme portugais, p. 11-13. Bertrand S. J., la Mission du Maduré, I, 174. (2) Thurston, Castes and Tribes of Southern India (Syrian Christians), p. 408.

Les diverses sectes philosophiques qui commençaient à se répandre, les opinions religieuses partagées entre le Brahmanisme, le Djainisme et le Bouddhisme, navaient point encore acquis une stabilité suffisante dans les différents pays pour sopposer dune façon radicale à lintroduction dune nouvelle théorie, soit religieuse, soit philosophique ; le fait de S. Panthène, appelé dAlexandrie, vers la fin du IIe siècle, par une députation de brahmes ou de marchands indiens pour avenir exposer le Christianisme dans lInde, confirme cette supposition. Les rois, de leur côté, ne demandaient pas mieux que de maintenir la paix dans leurs Etats et favorisaient plutôt larrivée dans leurs pays de nouveaux colons ou de marchands chrétiens, qui augmentaient les revenus du trésor royal par leur commerce et leur industrie. Le Sud de lInde était alors divisé en quatre royaumes : Chola et Pandya, sur la côté du Coromandel, au nord et au sud respectivement ; Chera, à louest de ces deux royaumes, et Kerala, le nouveau territoire conquis sur la mer par Parasu Rama, sur la côte orientale, comprenant une partie du Travancore, Cochin, Malabar et du pays Canara actuel. Les chrétiens de la côte malabare étaient établis surtout dans le Kerala, peuplé en grande partie de brahmes amenés du Nord de lInde par Parasu Rama, et dans la partie ouest du royaume de Chera. Comme les princes Kerala appartenaient eux-mêmes à la famille royale de Chera, (1) les chrétiens, qui avaient trouvé un accueil bienveillant dans le premier de ces royaumes, ne firent point molestés dans le pays voisin et allié de Chera. Bien quon ne sache rien exactement de létablissement du Christianisme dans les deux autres pays de Pandya et de Chola, il ne semble pas cependant que leurs rois aient été hostiles aux chrétiens, et la tradition paraît plutôt affirmer le contraire. Quant à Méliapour et aux territoires avoisinants, ils ne faisaient partie daucun de ces royaumes, mais semblent plutôt avoir constitué une petite principauté séparée et indépendante. Le pays était occupé par les Pallavas ou Kurumbas-Pallavas, qui formèrent une nouvelle dynastie vers le IIIe siècle de notre ère ; ils établirent à louest de Madras un royaume considérable, dont Canjiburam était la capitale et qui dura jusquau XIe siècle, où il fut conquis par un descendant des rois Cholas.


(1) Thurston, Castes and Tribes (Nambudiri Brahmans), p. 153 et 156.

Peut-être pourrait-on fixer à lépoque de lavènement de cette nouvelle dynastie la violente persécution qui ruina pour un temps la chrétienté de Méliapour. Ces rois, en effet, embrassèrent tour à tour le Bouddhisme, le Djainisnie et le Brahmanisme. Or la tradition raconte, sans fixer de date à lévénement, quà une certaine époque lEglise de Méliapour fut cruellement persécutée ; les sanctuaires furent détruits, les prêtres et les évêques, avec un grand nombre de fidèles, furent mis à mort ; la plupart de ceux qui échappèrent aux persécuteurs senfuirent dans les régions montagneuses et boisées qui séparent le versant oriental du versant occidental de la presquîle ; quelques-uns allèrent rejoindre les chrétiens de la côte malabare. Ceux qui sétaient réfugiés dans les forêts restèrent longtemps sans prêtres : ils se maintinrent dans la foi par la prière et quelques pratiques cultuelles ; de temps en temps ils allaient visiter en cachette le tombeau de S. Thomas. Enfin la persécution ayant diminué de violence, ils purent regagner leur pays et la chrétienté se-réorganisa comme dans les premiers temps.

A part létablissement du Christianisme sur les deux côtes de la presquîle, on ne sait rien de précis sur le développement de ces chrétientés pendant les deux premiers siècles.

Vers la fin du IIe siècle, la renommée de S. Panthène, qui dirigeait, lEcole des Saintes-Lettres fondée dès les temps apostoliques par lEvangéliste S. Marc à Alexandrie, sétant répandue jusque dans lInde, les brahmes lui envoyèrent une députation, le priant de venir leur enseigner ses doctrines dans leur propre pays (1). Selon dautres, ce seraient des marchands indiens probablement de race juive, qui, sétant rendus à Alexandrie pour leur commerce et y ayant entendu parler de la nouvelle religion quenseignait Panthène avec une science remarquable et une rare éloquence, auraient demandé à Démétrius, patriarche dAlexandrie, de leur envoyer un missionnaire pour prêcher lEvangile dans leur pays (2). Quoi quil en soit, tout le monde saccorde pour reconnaître que Panthène fut envoyé dans lInde par le patriarche dAlexandrie, quil y séjourna plusieurs années et quil y prêcha la foi aux brahmes et aux autres philosophes du pays ; mais lhistoire ne nous dit rien des fruits de sa mission, ni des lieux particuliers témoins de son zèle. Il y trouva des chrétiens qui avaient été convertis par saint Barthélemy et qui avaient entre les mains un évangile de S. Matthieu écrit en caractères hébraïques.
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(1) Laouënan, Brahmanisme, II, 382-83. (2) Christianity in India, S. P. C. K., p. 3.


Quelques auteurs pensent quils se serait embarqué à Bérénice, un des ports de la Mer Rouge, et de là se serait rendu au Malabar (1) ; mais comme S. Barthélemy semble avoir travaillé surtout dans les contrées situées en deçà de lIndus, on ne peut désigner avec exactitude les pays où S. Panthène prêcha lEvangile.

Daucuns ont supposé que, vers la fin du IIIe siècle, un certain Thomas, disciple de Manès, serait venu prêcher ses erreurs parmi les chrétiens du Malabar ; et cest ainsi quils trouvent une explication de lorigine des Manikrâmakars, ou habitants du village de Manès, à Kayenkulam, près de Quilon (2). Mais ces suppositions ne sappuient sur aucune preuve sérieuse, sinon que lon sait que le Manichéisme se répandit de la Perse jusque dans lInde et dans la Chine.

Au IVe siècle, après le Concile de Nicée (325), quand les principaux évêques présents furent chargés de porter les décisions du Concile dans leurs provinces et de promulguer partout ses ordonnances, Jean, évêque persan, qui avait signé lui-même au Concile comme évêque de la Perse et des Grandes-Indes, fut délégué pour faire connaître aux chrétiens de ces deux contrées les décrets conciliaires. (3)

A la même époque, vers 340, Théophile, surnommé Indicus ou le moine noir à cause de la couleur de sa peau, et originaire de lInde, après avoir assisté au Concile de Nicée en qualité dévêque et avoir prêché la religion chrétienne dans lArabie, revint dans son pays natal et en visita les diverses contrées, encourageant et fortifiant les fidèles. Malheureusement il répandit sur son passage les erreurs dArius, quil avait embrassées pour sattirer les bonnes grâces de lempereur Constance. Il se retira finalement à. Antioche, où il mourut vers 354. (4)


(1) Christianity in India, S. P. C. K., p. 3. (2) Thurston, Castes and Tribes (Syrian Christians), p. 413. (3) Rohrbacher, Histoire de lEgl., III, 87. (4) Laouënan, Brahmanisme, II, 386.


En 345, un riche marchand arménien ou syrien, Thomas Cana, qui, dans ses voyages, sétait rendu compte de létat alors assez précaire des chrétiens malabares, chercha à y porter remède en ramenant avec lui sur la côte orientale de la presquîle, un certain nombre de ses compatriotes. Il réunit, assure-t-on, 72 familles, comprenant environ 400 chrétiens, originaires de Bagdad, Ninive et Jérusalem, et les ramena avec lui à Cranganore, qui devint le centre de la nouvelle colonie. Des diacres, des prêtres et un évêque nommé Joseph dEdesse accompagnèrent ces chrétiens, et pourvurent à leurs besoins spirituels ; en même temps ils travaillèrent énergiquement à améliorer la condition des anciens convertis. Une opinion donne lannée 745 comme la date de larrivée des Syriens ; mais la tradition des chrétiens malabares confirme la première date de 345. Il est très possible, dailleurs, que lune et lautre soient exactes et que les deux dates marquent larrivée sur la côte occidentale de lInde de deux colonies différentes de Syro-Chaldéens. La tradition ajoute que, pour se distinguer des convertis indigènes, les nouveaux venus, sétant installés dans la partie sud de Cranganore, appelée Kodungallur, prirent le nom de Sudistes, tandis que les indigènes, par opposition, furent appelés Nordistes. Les Sudistes ne se mariaient point avec les autres, et, aujourdhui encore, dans leurs fêtes de mariages, ils chantent des hymnes qui rappellent leur établissement à Cranganore et leur dispersion subséquente en différents autres lieux. On retrouve parmi eux des noms de tribus étrangers au pays, tels que Baji, Kojah, Kujalik, Majatmuth, etc., qui seraient les noms particuliers des familles auxquelles la première colonie avait appartenu. Dautres expliquent lorigine de ces appellations de Sudistes et de Nordistes différemment. Daprès eux, le chef de la colonie, Thomas Cana, aurait épousé successivement deux femmes indigènes, et les querelles qui, à la mort de Thomas Cana, sélevèrent entre les enfants des deux femmes pour le partage de ses biens, auraient provoqué la division de la colonie en deux fractions : les Nordistes et les Sudistes. (1)


(1) Catholic Directory Madras 1910, p. 205. Thurston, Castes and Tribes (Syrian Christians), 414.


Les Syriens, en sétablissant au Malabar, apportèrent avec eux la liturgie de leur pays. En effet, S. Thomas, en fondant les premières chrétientés du Sud de lInde, leur avait donné une liturgie en conformité avec les usages du pays. Les Apôtres doivent être incontestablement considérés comme les créateurs de toutes les formes liturgiques, et ils ont dû plus dune fois les adapter, dans leurs parties non essentielles, aux murs des pays et au génie des peuples, pour faciliter par cette condescendance la diffusion de lEvangile (1). La messe et les autres rites sacrés étaient donc célébrés, au début, dans la langue du pays ; car il est à croire que S. Thomas suivit lusage apostolique dans lInde, comme S. Pierre et les autres Apôtres dans les différentes contrées quils évangélisèrent. Les Indiens auraient donc continué à célébrer les saints offices dans leur propre langue, avec une liturgie dravidienne, pendant plusieurs siècles. Mais graduellement les chrétiens persans, qui faisaient le commerce dans lInde, et les Syriens, qui sétablirent dans le pays, substituèrent leur liturgie nationale à celle jusque là en usage, expliquant aux indigènes que le syriaque était la langue même parlée par le Sauveur, et que S. Thomas, dont cétait aussi le langage, avait établi les règles liturgiques en syriaque. Les chrétientés de Méliapour acceptèrent cette substitution dassez bonne heure ; celles du Malabar mirent plus de temps à changer leur manière de faire ; mais, avec létablissement des Syriens et les arrivées successives pendant les cinq premiers siècles de prêtres persans, lusage se répandit partout de suivre le rite syriaque, et, vers lan 500, lancienne liturgie dravidienne avait disparu complètement et avait cédé la place à la liturgie syro-chaldaïque des deux côtés de la péninsule. (2)

Dès leur arrivée les Syriens furent soutenus et protégés par les rois païens du Malabar, et la tradition rapporte que Thomas Cana, leur chef, eut toujours des rapports amicaux avec les Perumals, rois de Kerala, quil reçut deux pour lui-même plusieurs distinctions honorifiques et quil en obtint de nombreuses faveurs et des privilèges pour les chrétiens. Il bâtit, lui-même une église à Mahadeverpattanam, près de Kodungai ou Cranganore, qui était alors la capitale du pays Kerala, et, dans plusieurs documents, les chrétiens syriaques furent plus tard désignés comme habitants de Mahadeverpattanam.


(1) Dom Guéranger, Institutions Liturgiques, I, 26. (2) Madras Catholic Directory 1910, p. 206. LIndia Catholic Directory pour 1912 donne (p. 301) une opinion complètement différente. En voici la traduction : Lhistoire et la tradition saccordent pour établir que la liturgie syro-chaldéenne fut donnée à lEglise primitive de lInde par lApôtre St. Thomas lui-même. Lorsque St. Thowas arriva à Cranganore en 52, il y avait près de là une colonie de Juifs qui parlaient le syro-chaldéen, comme les Juifs de Syrie à lépoque de Notre-Seigneur. LApôtre, en arrivant dans ce pays idolâtre, entreprit dabord lévangélisation de ses compatriotes et les convertit ; leur synagogue fut transformée en une église chrétienne, et les saints mystères furent célébrés en syro-chaldéen, leur langage ordinaire. Des convertis indigènes vinrent peu à peu se mêler aux Juifs, les églises se multiplièrent, mais le rite syro-chaldéen fut partout adopté.


Daprès une opinion autrefois très commune, dans la première-partie du IVe siècle, lInde aurait aussi été évangélisée par les-saints Edèse et Frumence. Voici ce que la tradition rapporte à leur sujet. Un philosophe syrien, nommé Meropius, voulant visiter lInde, emmena avec lui deux jeunes gens, ses neveux, dont laîné sappelait Frumence, et le plus jeune Edesius. Meropius, ayant parcouru les provinces de lInde méridionale et satisfait sa curiosité, sembarqua avec ses deux neveux pour retourner dans sa patrie ; mais, chemin faisant, le long des côtes, le navire fut attaqué par des pirates. Meropius fut tué ; Frumence et Edesius durent à leur jeunesse la conservation de leur vie. Ayant été présentés au roi du pays, ils gagnèrent ses bonnes grâces et furent élevés aux premières dignités du royaume. Frumence profita de sa position pour prêcher la religion chrétienne, convertit un grand nombre dIndiens et bâtit plusieurs églises. Au bout de quelques années, ils retournèrent en, Egypte, où Frumence fut consacré évêque de lInde par S. Athanase, patriarche dAlexandrie (331). Revenu dans lInde, il reprit le cours de son apostolat, convertit une multitude de païens, fonda de nouvelles églises, y établit des évêques et des prêtres, et y introduisit la vie monastique, si bien quen peu de temps le pays fut rempli dascètes et de religieux. Il mourut en 360. (1)

Cependant il paraît aujourdhui généralement admis que le royaume où avait été élevé Frumence nest autre que lEthiopie. Il y fut promu par la faveur du roi aux premières dignités ; sétant rendu par la suite à Alexandrie pour demander au Patriarche denvoyer des prêtres et un évêque dans ce royaume, Athanase pensa quil ne pouvait mieux faire que dordonner Frumence lui-même comme évêque et de le renvoyer à Auxame en Ethiopie, où le nouvel évêque fit de nombreuses conversions. Les Abyssins lhonorent encore aujourdhui comme leur apôtre. Rufin, qui rapporte cette histoire, lavait apprise lui-même dEdèse, qui avait été ordonné prêtre à Tyr, sa patrie (2).


(1) Laouënan, Brahmanisme, II, 385. (2) Rohrbacher, Histoire, III, 100.


Il semblerait donc plus probable que Frumence névangélisa point lInde proprement dite. Dans lantiquité, en effet, on comprenait dune façon générale dans lInde toutes les contrées sétendant depuis la côte orientale dAfrique jusquaux îles du Japon (1) ; mais on peut raisonnablement supposer que ce fut à cette époque, que lhabitude de la vie monastique, établie par Frumence dans lEthiopie et lAbyssinie, se répandit dans la Thibaïde et lEgypte, et de là sintroduisit dans lInde, où elle se développa rapidement.

Vers la même époque, en 360, Si lon peut ajouter foi à un ouvrage grec faussement attribué à Callisthènes et à un discours apocryphe quon trouve dans les uvres, de S. Ambroise, lInde fut encore visitée par un évêque nommé Musée, et par un certain Scholastique de Thèbes, qui parvint jusquau port de Mouziri (Cranganore), sur la côte malabare. S. Jean Chrysostome fait mention dun autre Indien, nommé Marutha, qui devint évêque de Suphara et assista au Concile de Constantinople (381) et à celui de Séleucie (410), tenu contre les Ariens (2). Mais ce Marutha ne vint probablement pas dans lInde ; il fut chargé par S. Jean Chrysostome de la mission de Perse, qui, il est vrai, comprenait aussi les missions de lInde, il y fit cesser les persécutions contre les chrétiens et y détermina un grand nombre de conversions. Il a laissé plusieurs ouvrages en syriaque, notamment des hymnes en lhonneur des Syriens qui avaient souffert le martyre en Perse à diverses époques, hymnes quon retrouve dans tous les missels syriaques, et une histoire des martyrs de Perse. (3)


(1) S. P. C. K. History of Christianity in India, p. 2. (2) Laouënan, Brahmanisme, II, 386-387. (3) Rohrbacher, Histoire, III, 383.


IV. Du Nestorianisme à larrivée des Portugais
(Ve - XVIe SIÈCLES).

Théophile, à son passage dans lInde au commencement du IVe siècle, aurait répandu les erreurs dArius, mais on ne voit pas que ces erreurs aient jeté de profondes racines dans le pays. Il nen fut par de même de lhérésie de Nestorius aux Ve et VIe siècles. Nestorius, natif de Germanicie, mais élevé à Antioche, fut élu au siège de Constantinople en 428, en remplacement de lévêque Sisinnius, mort quelques mois auparavant. Le nouvel évêque combattit vigoureusement lhérésie arienne, mais il tomba bientôt lui-même dans dautres erreurs qui, attaquaient le fond même du Christianisme. Cyrille, patriarche dAlexandrie, essaya à diverses reprises, mais sans succès, de le ramener à lorthodoxie. Les doctrines de Nestorius furent condamnées aux Conciles de Rome et dAlexandrie en 430, puis au Concile dEphèse en 431 ; mais lhérésiarque, confiant dans la protection de lempereur, refusa de rétracter ses erreurs et fut suivi dans le schisme par Jean, patriarche dAntioche, et la plupart des évêques orientaux. Peu après, lempereur, désabusé, exilait Nestorius, et Jean dAntioche rentrait dans la communion catholique ; mais un certain nombre dévêques orientaux, particulièrement ceux de Syrie et de Perse, restèrent fidèles à la cause de Nestorius et propagèrent ses erreurs dans leurs provinces. Un certain Bar Suma, évêque de Nisibe, parvint par son crédit à la cour des rois de Perse à établir le nestorianisme dans les différentes parties de ce royaume. Les Nestoriens y fondèrent un grand nombre déglises ; ils tinrent plusieurs conciles à Séleucie et à Ctésiphonte, et établirent sous le nom de Catholicos un patriarche dont le siège fut dabord à Séleucie, près de Babylone, doù il prenait le titre de patriarche de Babylone. Le siège en fut par la suite transféré à Mossoul, puis à Bagdad. Comme les Eglises de lInde relevaient du patriarche de Babylone et recevaient de lui leurs évêques, elles le suivirent dans ses erreurs, peut-être sans sen douter, et, tombèrent dans le nestorianisme. (1)

Cosmas Indicopleustés, qui visita lInde vers 522 (2), rapporte quau commencement du VIe siècle il y avait dans lîle de Ceylan, à lextrémité de lInde, une église de chrétiens avec des clercs et des fidèles ; une autre église se trouvait dans le Maléalam, la province où croît le poivre. Callianapur, au nord de Mangalore, était le siège dun évêché et le centre dune chrétienté considérable. Il ajoute ailleurs quil y avait des églises innombrables, des évêques, des peuples chrétiens, des martyrs et des anachorètes dans toute lAsie centrale et chez les Indiens. (3)


(1) Laouënan, Brahmanisme, II, 388. (2) Thurston, Castes and Tribes (Syrian Christians), p. 420. (3) Laouënan, Brahmanisme, I, 460.


Dans le même temps, les Syriens qui avaient abandonné lhérésie nestorienne pour suivre celle dEutychès, se détachèrent peu à peu de cette dernière, sous linfluence de Sévère, évêque intrus dAntioche, pour embrasser lerreur monothéliste ou jacobite. A cause des relations existant entre les Syriens établis au Malabar et leurs compatriotes restés dans leur pays dorigine, peut-être aussi par suite de leur ignorance des querelles doctrinales qui divisaient lEglise dOrient, les chrétiens de lInde embrassèrent tour à tour, sans sen rendre compte probablement, les doctrines nestoriennes et les doctrines jacobites (1). Cest pourquoi les voyageurs, dans leurs relations, les donnent tantôt comme nestoriens, rattachés au Catholicos de Bagdad, tantôt comme jacobites, relevant de lEglise dAbyssinie (2). Les patriarches dOrient, à qui ils demandèrent des prêtres ou des évêques, leur envoyèrent, suivant la doctrine tenue par chacun deux, tantôt des missionnaires nestoriens, tantôt des missionnaires jacobites. Cest ainsi qui un évêque jacobite arriva dans lInde en 696 ; tandis que vers lannée 823, deux évêques nestoriens Mar Sapor et Mar Aprot, furent envoyés au Malabar par le patriarche nestorien de Babylone (3). Ces derniers eurent comme successeurs Jean III, Jean IV, Jaballaha, Joseph I, Junabus, Mar Joseph Il, Mar Joseph III et Mar Abraham, qui fut le dernier évêque syro-chaldéen dAngamalé, où il mourut en 1596. (4)

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(1) Thurston, Castes and Tribes (Syrian Christians), 422. (2) Brou, S. J. Vie de St. François-Xavier, I, 121. (3) Thurston, Castes and Tribes. (Syriam Christians), 423. (4) Laouënan, Brahmanisme, II, 393.


Comme la liturgie syriaque, qui avait été introduite vers les IVe et Ve siècles, ne recevait pas de changements appréciables par suite de ces divergences dans le dogme, les chrétiens de lInde ne se rendirent point compte quils avaient en fait abandonné la foi orthodoxe et quils étaient devenus hérétiques. Mais, si la transition de lorthodoxie au schisme put passer inaperçue dans la masse des fidèles, la discipline parmi le, clergé en avait été assez sérieusement ébranlée. Cest ce qui ressort dun fragment de lettre écrite vers lan 660 par Jeshujabi-Adjabeni, Catholicos ou patriarche nestorien, à Siméon, évêque de Ravadsciri, qui sintitulait métropolitain et primat de la Perse. Il se plaint de ce que les évêques de la Perse et de lInde ont secoué le joug du patriarche de Séleucie, quils se constituent métropolitains de leur propre autorité et refusent dobéir au Catholicos de Séleucie, de qui dérivait leur mission. Cest, écrit-il, par le canal des prélats légitimes et par la voie des sacrés canons que le don de Dieu a coulé et coule encore dans lunivers entier, quil a rempli dévêques. Mais, depuis que dans votre pays vous avez foulé aux pieds les canons ecclésiastiques, la succession sacerdotale a été interrompue parmi les peuples de lInde. Ce nest pas lInde seule, depuis les limites maritimes du royaumes des Perses jusquà Colan (Quilon), mais encore la Perse elle-même qui a été privée de la lumière de la divine doctrine que font briller les Evêques de la vérité, et qui reste plongée dans les ténèbres de lerreur (1). Il faut reconnaître, dailleurs, que le Catholicos était lui-même en fâcheuse posture pour donner à ses subordonnés des leçons dobéissance et exiger deux le respect de la hiérarchie et des canons ecclésiastiques.

(A suivre) J.-B. CROZE


(1) II, 391.

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