| Année: |
1889 |
| Pays: |
Japon |
| Mission: |
Japon Meridional |
| Rédacteur: | Mgr Mgr. Cou-sin |
III. – Japon Meridional.
Population catholique................................26.060
Baptêmes de païens .................................. 308
Baptêmes d’enfants de païens ................... 974
« A ne le considérer que dans son ensemble, le chiffre des baptêmes que nous avons à présenter, écrit Mgr. Cou-sin, de passe de quelques unités celui de l’année dernière, et j’en remercie de tout mon cœur Celui dont la grâce nous a permis de continuer à faire un peu de bien dans cette mission. Il faut se hâter d’avouer cependant, qu’à tout prendre, ce chiffre est moins consolant, par la raison que les baptêmes d’adulte y figurent en moins grand nombre, et sont, en tout cas, loin de répondre aux espérances conçues au commencement de cet exercice, et surtout aux désirs de tous les ouvriers apostoliques du Vicariat.
« La véritable cause sera toujours le secret de Dieu, dont l’esprit souffle où il veut, et qui laisse au cœur de l’homme la liberté de correspondre ou de résister à la grâce qui le sollicite. Les résultats obtenus ne sont donc pas toujours la mesure exacte des efforts et du zèle dépensés, ce sera éternellement la-consolation de celui qui peut se rendre témoignage qu’il n’a rien négligé pour rendre son ministère fructueux.
« Mais après cela, il est bien permis de trouver dans les préoccupations politiques au milieu des quelques nous vivons, an obstacle considérable aux progrès de l’Évangile dans ce pays. Le Japon, nul ne l’ignore, traverse une crise dont l’issue est le secret de l’avenir. Il y a longtemps qu’elle dure; mais, depuis un an, elle est à l’état aigu.
« La revision des traités, qui doit reconnaître aux étrangers le droit de circuler et de réside partout, semble à quelques-uns une trahison du Gouvernement qui va livrer le pays. Tous ont violemment pris parti pour ou contre, et s’en sont fait un clieval le bataille, dans l’unique but d’attaquer et de renverser l’adversaire.
« La proclamation de la Constitution qui détruit l’ancien système de Gouvernement pour
inaugurer le régime parlementaire l’entrée en fonction de la Diète qui aura lieu l’an prochain la nomination des conseils municipaux et des maires par le suffrage universel, qui a eu lieu au mois d’avril, l’élection des membres de la Chambre basse, qui se prépare en ce moment «tout cela a jeté dans les esprits bien des ferments d’excitation, ouvert la porte à bien des ambitions prêtes à tout bouleverser pour arriver au succès. Partout les conférences appellent les conférences ; les journaux se multiplient, et vont, jusqu’au fond des petits villages, faire naître des idées inconnues jusqu’à présent. Ils commentent, louent, blâment à tort et à travers, donnent au Gouvernement les conseils les plus contradictoires, et ne se gênent pas pour lui faire entendre des menaces.
« S’il est vrai de dire que tous ne prennent pas une part active à ce mouvement, il n’est personne qui reste indifférent à ce qui se passe ; chacun est préoccupé de ce qui arrivera de main, et il n’y a plus dans les esprit aucune place pour les idées surnaturelle et la pensée de la vie future.
« L’ennemi du salut ne pouvait pas manquer de profiter de ces circonstances, pour éloigner davantage les descendants des anciens chrétiens, si nombreux encore dans quelques-uns de nos districts. Les bonzes ont envoyé des émissaires annoncer que le Parlement, à peine réuni, allait rétablir le système féodal, que le Daimios allaient reprendre possession de leurs duchés, que les anciennes. Lois contre la religion et les étrangers seraient remises en vigueur, et que les chrétiens auraient de nouveau à répondre de leurs sympathies pour les choses et les hommes du dehors. Il n’en fallait pas tant pour fournir à ces malheureux un prétexte d’attendre encore... et ils attendent.
« Quant à nos chrétiens, on ne les accusera pas de se mêler de politique. Ils n’ont pas même si tirer des élections municipales le parti qu’ils auraient pu, et s’assurer la majorité, partout où leur nombre rendait la chose facile et légitime. Nous avons cependant deux maires chrétiens, et de ci de la quelques conseillers municipaux.
« Comme l’an dernier, j’ai le devoir de constater que nos écoles ont subi une diminution notable, et dans leur nombre et dans celui de leurs élèves. N’étant point en état de répondre aux exigences des règlements officiels, elles devaient disparaître, dès que les communes feraient les frais d’une école véritable, à la quelle tous doivent également contribuer. Nous continuerons, comme par le passé, de donner aux enfants l’instruction, religieuse qui constituait presque tout notre programme, de sorte qu’au fond nous n’aurons guère perdu que le titre.
« L’ennui est que ces écoles publiques sont pour les deux sexes. Dans les campagnes, les pauvres gens sont si loin de comprendre la nécessité de l’instruction pour la femme, et si accoutumés à employer les petites filles dès leur bas-âge aux soins du ménage, que très peu les en voient à l’école. Nos chrétiens qui, au fond, ont là-dessus les mêmes idées, saisissent avec avidité le prétexte de l’inconvenance, pour n’en pas faire davantage, et le missionnaire a souvent de bonnes raisons pour ne pas insister beaucoup. Voilà une lacune qu’il ne sera pas facile de combler.
« J’espère cependant que la chrétienté d’Urakami va pouvoir fournir à ses petites filles une école, qui ne lais-sera rien à désirer sous le rapport de la direction. Nos religieuses en seront chargées, et elle sera sous le nom d’une sœur indigène, qui a obtenu le brevet au mois de mars dernier. C’est une œuvre toute nouvelle que nous allons essayer, et si elle réussit, l’effet produit sera considérable, sur les élèves d’abord qui vont être plus de 200, ensuite sur l’esprit de la population, et même sur celui du Gouvernement.
« Cinq ou six de nos chrétientés seulement ont jusqu’ ici pu faire accepter, des maîtres catholiques pour leur école communale. Le programme de l’Université ne permet pas d’en faire des écoles catholiques ; mais, tel qu’il est ce résultat est déjà fort appréciable, et nous fait désirer de plus en plus de voir nos chrétiens faire des sacrifices pour que quelques enfants de chaque district soient mis à même de parcourir les trois degrés de l’instruction primaire, pour arriver à la fin à se présenter à l’école normale. Bien des difficultés se présentent ; mais, avec de la patience et une direction soutenue, j’espère que nos efforts ne resteront pas sans résultats.
« L’ordination du mois de février, qui nous a donné 8 nouveaux prêtres a été un grand bien fait pour la Mission. Ce renfort nous a permis de mettre les sacrements à la portée d’un plus grand nombre : les fidèles pourront désormais assister plus souvent à la Sainte Messe, et entendre plus fréquemment la parole de Dieu. Les confessions et communions de dévotion augmentent considérablement, et, peu à peu, Notre Seigneur étant mieux connu, sera plus «aimé et mieux servi.
« C’est ainsi que dans les îles Goto, qui comptent près de 8.000 chrétiens, et qui n’avaient que deux missionnaires, le ministère se fait maintenant par quatre prêtres. Comme Hirado et Sotome, la grande chrétienté d’Urakami a aussi deux prêtres et j’espère que le ministère une fois accompli, il restera un peu de temps aux une et aux autres pour s’occuper davantage des séparés et même des païens.
« En dehors de cela, il y a 5 postes nouveaux établis, et la parole de Dieu commence à se faire entendre au milieu de populations qu’il n’avait pas encore été possible d’évangéliser.
« Je m’empresse de citer la ville de Nagasaki, dont Notre Seigneur a pu prendre possession, sans pompe encore et bien pauvrement, mais où il habite enfin sous les voiles eucharistiques. Un prêtre indigène a réussi à louer une maison, qui est devenue sa résidence, et où les quelques fidèles qui dépendent de lui se réunissent pour accomplir tous leurs devoirs religieux.
« La grande et riche province de Higo, qui donna jadis à l’Église tant de chrétiens et de martyrs, a reçu un missionnaire et un prêtre indigène. Ils sont établis à Kumamoto : c’est le chef-lieu non seulement du département qui porte son nom, mais en fait, de tout le Kiushu ; et, quand le chemin de fer sera achevé, son importance grandira encore. Les religieuses vont partir dans quelques semaines, pour essayer d’y ouvrir une école.
« Au 15 août, le missionnaire avait parcouru en entier tout son district et avait prêché, avec son compagnon, dans toutes les villes et villages importants. Dans un premier voyage, 15 localités ont été évangélisées; dans le second, 28 ont entendu la parole de Dieu, et le troisième voyage a aussi fourni l’occasion d’annoncer Jésus-Christ dans 15 endroits différents.
« Tout cela ne s’est pas fait sans beaucoup de fatigues, de privations, et aussi quelquefois sans des humiliations que le bon Dieu a permises pour éprouver ceux qui venaient annoncer la parole du Crucifie. A côté de cela, il y a eu aussi des consolations, et l’on peut dire que partout les auditeurs sont venus nombreux et animés d’intentions qui, ordinairement, n’étaient pas hostiles.
« A partir de ce moment, dit le P. Corre, mon travail va devenir plus pacifique; les grands « discours en public deviendront plus rares, nous aurons surtout à instruire les gens en « particulier et à faire le catéchisme. Mais je reste effrayé en contemplant tant de postes « ouverts et tant d’âmes qui voudraient s’instruire, et je me demande comment nous pourrons « faire pour suffire à la besogne. Messis quidem multa, operaii, autem pauci !
« Saga, chef-lieu du Hizen, n’avait pas encore reçu la bonne nouvelle, aucun de nous n’y avait prêché ; un prêtre y est maintenant à poste fixe, sous la direction du P. Raguet dont le quartier général est toujours à Fukuoka en Chikuzen.
« Le souvenir de saint Francois-Xavier devait porter bonheur au Bungo, où le catholicisme fut autrefois si florissant. Nous y avons déjà 4 prêtres dans trois résidences. Le nouveau poste établi est à Nakatsu, ville principale du Buzen et de toute la côte nord du Kiusnu. Une autre résidence va être établie à Usuki en Bungo, et sera un jalon planté sur la route du Hiuga, dont l’extrémité sud descend presque jusqu’au détroit de Van Diemen.
« Enfin le missionnaire chargé d’Amakusa, confiant sa chrétienté au prêtre indigène qui lui a été donné, a pu faire une première excursion jusque dans la province de Satsuma, et en a rapporté l’espérance très fondée qu’avant longtemps nous y posséderons, par la grâce de Dieu, un petit noyau de chrétiens.
« Voici comment le P. Ferrié raconte sa principale conquête J’ai passé quelques jours dans la petite ville de Akune. Là se trouve un poste de méthodistes américains. Le catéchiste, qui en est chargé, est venu me voir : c’est un vieillard qui a près de 60 ans, au cœur droit, et qui, au premier abord, m’a paru de parfaite bonne foi. Il la dit qu’il ne venait, ni pour discuter, ni pour me faire perdre inutilement le temps, mais seulement pour me prier de lui éclaircir quelques doutes qui lui tenaient au cour depuis plusieurs années .
« Il serait trop long et aussi inutile de vous raconter les détails de l’entretien que j’eus avec cet homme; je vous dirai seulement qu’à la fin, le pauvre vieux s’est trouvé consolé; il pleurait de joie d’avoir enfin pu, pour la première fois de sa vie, distinguer clairement la lumière de la vérité. J’ai vu que la grâce de Dieu agissait dans cette âme, et j’ai engagé le vieillard à venir me voir encore, et à me proposer sans chainte ses doutes : « Un jour ou deux « ne suffiront pas me répondit-il, pour me dire tout ce que j’ai à vous demander le vois que la « véritable religion du Christ est dans le catholicisme; je veux l’étudier à fond, et puisque « vous n’avez pas longtemps à passer ici, je vous prie de me permettre d’aller, le mois « prochain, m’instruire auprès de vous à Amakusa; je vois que je n’ai « pas longtemps à vivre; « j’ai bâte de préparer le salut de mon âme, et de réparer le tort que j’ai fait à Dieu, en « propageant une religion qui n’est pas la sienne.
« Je ne saurais dire lequel des deux était le plus heureux, de ce vieillard qui recevait, pour la première fois peut-être, les douces consolations de la grâce, ou de moi qui jouissais de l’impression que causait à mon cour la vue de si bonnes dispositions. Je lui accordai donc bien volontiers ce qu’il demandait.
« Ce bon vieillard va devenir l’instrument dont Dieu se servira pour établir la foi dans la province de Satsunia. Son nom est Kubota Yoshitaka ,originaire de la ville de Kagoshima (Cangoxima), de la classe des Samurai ( noble); il est marié et a actuellement auprès de lui sa femme, deux filles qui sont déjà veuves, et deux petites- filles.
« Il y a treize ans, il se fit protestant à Tokio, étudia la religion , c’est lui qui le premier a travaillé à fonder le poste de cette ville.
« De là, il fut envoyé à Sendai (Satsumia), ou il passa cinq ans. Après Sendai, il fonda les postes de Akune et de Izumi, où il se trouve depuis quatre ans . C’est là que la grâce de Dieu est venue le visiter.
« Suivant la promesse qu’il m’avait faite , Kubota est venu à Amakusa au commencement du mois de juillet, accompagné d’une de ses filles, ancienne élève de l’école des protestants de Nagasaki, et d’un jeune homme des environs de Sendai, aussi protestant.
« Pendant douze jours, du matin au soir , nous avons examiné, la Bible à la main , la vérité du catholicisme .J’ai remarqué surtout que les instructions, que je leur faisais sur le culte de la Sainte : Vierge, produisaient la plus heureuse impression sur leurs cœurs ; aussi , espérant que cette bonne Mère travaillerait , mieux que je ne saurais le faire , à les affermir dans la foi , je me suis étendu longue-ment sur ce sujet . A la fin , comme je voulais les retenir encore quelques jours auprès de moi , le bon vieux Kubota me dit : « Nous serions heureux de rester « encore plus long-temps , mais notre cœur déborde ; ma fille dit qu’elle a hâte d’aller « raconter à sa sœur et à sa mène ce qu’elle a entendu sur la Sainte Vietge, et moi-même je ne « puis pas tarder plus longtemps d’aller éclairer ceux que j’ai con-duits, jusqu’à présent , dans « le chemin de l’erreur . »
« Ils retournèrent donc a Satsuma , et , quinze jours après , je recevais une lettre m’annonçant la con version au catholicisme de vingt-Sept personnes . Sur ce nombre , il y avait vingt-deux protestants et cinq infidèles .
« A cette nouvelle , je partis immédiatement pour aller affermir ces premiers fruits de la Foi . Je fis quelques instructions que les païens parurent écouter avec plaisir . J’aurais voulu passer encore quelque temps auprès de ces néophytes , mais la maladie , qui me mime depuis longtemps , venant à s’aggraver , je fus obligé de les quitter. Revenu à Amakusa , j’envoyai des catéchistes pour les instruire .
« Depuis le commencement de ce mois , ils apprennent les prières et la doctrine avec une ardeur que j’ai pu admirer pendant ce voyage; bien plus , à mon passage à Akune , deux nouvelles familles sont venues me prier de les recevoir au nombre des catéchumènes.
« Dans les environs de Sendai, dans un endroit appelé Sarayama, une vieille protestante, atteinte d’une maladie grave , ayant appris qu’elle ne pouvait faire son salut dans le protestantisme, fait appeler une catéchiste catholique; celle-ci l’instruit , lui fait abjurer l’erreur, et lui donne le baptême . Deux jours après la malade mourait, heureuse d’avoir pu entrer dans le chemin du ciel avant la fin de sa vie.
« Conformément aux désirs des parents de la défunte, on a fait le lendemain un enterrement catholique . Le catéchiste présidait; les catéchumènes, réunis au nombre d’une quinzaine , ont récité des prières à la maison mortuaire et sur le parcours du convoi, jusqu’au cimetière. Tout s’est passé les païens des environs .
« A mon arrivée à Sendai, j’apprends que les habitants de Sarayama manifestent de bonnes dispositions pour le christianisme. Pensant qu’avec le temps ces dispositions pourraient s’affaiblir, j’appelle immédiatement les catéchistes , et nous partons le soir même. Les gens sont bientôt réunis; nous exposons les vérités chrétiennes, jusque bien avant dans la nuit ; ils écoutent avec attention, et nous prient de revenir encore le lendemain.
« Au moment où je me retirais, deux hommes viennent m’accoster sur le chemin, et me prient de vouloir bien les inscrire avec leurs familles au nombre des catéchumènes. Après l’instruction du lendemain, cinq nouvelles familles sont venues se déclarer chrétiennes. Nous avons là déjà, dans ce petit village, un noyau de vingt-trois catéchumènes. Vu les bonnes dispositions que témoignent les habitants, j’espère qu’avant longtemps ce chiffre dépassera la centaine.
« Parmi nos chrétiens, continue Mgr Cousin, nous avons essayé d’établir deux œuvres sur le modèle de la Foi et de la Sainte-Enfance. Ceux qui en font partie récitent les mêmes prières que les associés, et s’engagent aussi à une petite contribution. Nous avons été tous agréablement surpris de l’empressement de nos bons chrétiens à se faire inscrire, pour des sommes que leur pauvreté bien connue ne nous a pas permis d’accepter. Pour faire oeuvre qui dure et ne pas froisser des susceptibilités de plus d’une sorte, les missionnaires ont été d’avis qu’il fallait, pour le moment, fixer par famille une somme très modique . Nous nous en tiendrons là, heureux de cette nouvelle preuve d’esprit chrétien qui nous a été donnés, mais sans avoir la consolation de dire que nous possédons chez nous , dans tour leur épanouissement, ces deux oeuvres, sur lesquelles repose l’avenir des missions.
« J’ai à peine besoin d’ajouter que, pendant toute l’année, notre ministère a pu se poursuivre, comme par le passé, dans une liberté à peu près complète . A un moment donné cependant, nous avons pu croire que les autorités cherchaient à empêcher, ou du moins à restreindre beaucoup, le séjour des missionnaires en dehors de Nagasaki . Il n’y a eu que quelques tracasseries locales et passagères, par suite d’ordres venus de Tokio, et probablement un peu exagérés à la Préfecture. En somme, les choses ont repris à peu près leur physionomie «habituelle ,et si la révision des traités se fait au moment annoncé, il est probable que rien ne «sera changé jusque-là.
« Je dois dire cependant que l’œuvre de la Sainte-Enfance a été inquiétée par la police, qui s’est laissé effrayer par le journal de la ville. Le Japonais qui répond devant le gouvernement de l’orphelinat des Sœurs, et celui au nom duquel est inscrit celui d’Urakami, ont été appelés plusieurs fois et ont reçu des reproches très-vifs, sous prétexte qu’ils font là une oeuvre qui déshonore le gouvernement, le quel n’a pas besoin des étrangers pour nourrir les orphelins, et qui n’admet pas qu’il puisse y avoir des enfants trouvés. Les Sœurs ont dû céder à l’orage et transporter tout leur petit monde en dehors de la concession. Il en est résulté une impossibilité presque complète de trouver de nouveaux enfants à adopter . Mais je crois encore que ce n’est que l’affaire d’un moment, et que les choses en resteront là.
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