| Année: |
1878 |
| Pays: |
Japon |
| Mission: |
Japon méridional |
| Rédacteur: | Mgr Petitjean |
Japon méridional.
1878
Dans un compte-rendu très-intéressant, Mgr Petitjean passe en revue les travaux accomplis et les résultats obtenus dans chacun des postes de sa Mission. Hâtons-nous d’ajouter que la moisson a été abondante et que le nombre des chrétiens s’est élevé, cette année , du chiffre de 15,378 néophytes ou anciens chrétiens revenus à la foi de leurs pères , à celui de 17,380.
A Ozaca, Mgr Petitjean achève la construction de l’église de l’Immaculée-Conception et espère pouvoir bientôt l’ouvrir aux néophytes que, dans un avenir prochain, cette ville comptera en grand nombre. Cette année 45 personnes, dont 21 adultes ont reçu le baptême à la résidence épiscopale. Outre ce centre d’action, les Missionnaires de cette résidence essayent d’en établir plusieurs autres dans les pays environnants, et l’année prochaine nous aurons, nous l’espérons, à constater les heureux résultats de ces essais. – Dans un autre quartier de la même ville, un 2e poste a été fondé et le Missionnaire qui l’occupe a eu, pour le début, la consolation d’administrer le baptême à 43 adultes.
La petite chrétienté de Kobé comptait 40 personnes à la fin de 1877. A ce chiffre nos Confrères ont ajouté cette année 103 adultes et 31 enfants, sans compter les protégés de la Sainte-Enfance qui ont trouvé un asile dans 2 orphelinats dirigés , l’un par les Missionnaires et l’autre par les Religieuses de l’Enfant-Jésus de Chauffailles.
Enfin, « nous avons l’espérance, écrit Mgr de Myriophite, de pouvoir bientôt installer un Missionnaire à Kioto ( l’ancienne Méaco), le centre même du Boudhisme et du Chintoïsme. »
A Nagasaki. 9 Missionnaires, sous la direction de Mgr Laucaigne, exercent un laborieux mais consolant apostolat, surtout auprès des descendants des anciens chrétiens . Le pays est partagé en 7 districts.
Le premier de ces districts est formé de la ville de Nagasaki et de l’île de Kaghéno ; il compte un peu plus de 200 chrétiens . « Il y a à Nagasaki, écrit le Missionnaire chargé de ce poste, un mouvement très-accentué vers le christianisme, mais ce mouvement n’existe que parmi les descendants des chrétiens , et encore quelques-uns de ceux-ci semblent-ils plus éloignés de leurs conversions que les païens eux-mêmes. Le grand obstacle à leur retour, c’est la peur. Cette peur n’est pas sans fondement . Tous ceux qui se sont déclarés chrétiens jusqu’ici ont eu beaucoup à souffrir de la part de leurs parents ou de leurs voisins. » Malgré ces difficultés , il y a eu 57 baptêmes d’adultes.
La vallée d’Ouracami forme le 2e district ; sa population chrétienne est de 3,718 âmes. Les chrétiens d’Ouracami n’ont rien perdu de leur première ferveur. La foi, pour laquelle ils ont souffert l’exil, leur inspire , comme par le passé, une ardeur toujours constante pour en remplir les obligations et un attachement admirable à la pratique de la religion. Les écoles, toutes confiées à des catéchistes, sont bien tenues et ont été favorablement remarquées par les inspecteurs du gouvernement . 105 chrétiens , demeurés jusqu’à ce jour éloignés de toute pratique religieuse, ont cette année suivi l’exemple de leurs frères et ils ne leur cèdent pas en ferveur.
Le 3e et 4e districts comprennent l’île de Hirado et la côte de Kiouchiou qui avoisine Nagasaki : ils sont confiés à un seul Missionnaire ; le chiffre des chrétiens y est de 5,500 , tous bien fervents et bien zélés pour ce qui regarde notre sainte Religion. Jusqu’à présent de simples maisons étaient le lieu de leurs pieux rendez-vous ; c’était là que Notre-Seigneur retrouvait la pauvreté , le dénûment de Bethléem. Ils résolurent un jour d’élever à Dieu des temples moins indignes de leur destination ; mais ils étaient pauvres, et pour exécuter leurs projets il fallait de l’argent. Ceux qui en avaient un peu l’ajoutèrent à leur travail ; les autres donnèrent leur temps et leurs peines , et aujourd’hui ces deux districts possèdent plusieurs chapelles à trois nefs et convenablement ornées. Un fait remarquable et bien significatif, c’est que les officiers du gouvernement ont été les premiers à encourager ces architectes improvisés dans leur pieuse entreprise. Un résultat, entre autres, de la construction de ces édifices religieux, a été le retour d’un bon nombre d’anciens chrétiens jusqu’à ce jour retenus par la peur. Le chiffre de ces retours s’élève à 230.
Les trois derniers districts sont formés des îles Goto et de celles qui sont à l’entrée du port de Nagasaki ; ils ont une population chrétienne de 7,487 âmes. Deux missionnaires en sont chargés. L’éloignement des îles Goto en rend l’administration périlleuse et surtout difficile. Malheureusement, la prudence ne permet pas encore aux Missionnaires d’y résider habituellement. Néanmoins, grâce aux bonnes dispositions des autorités locales, les chrétiens , que la peur jusque là tenait éloignés de nos Confrères, se rapprochent et se montrent disposés à revenir à la pratique de notre sainte Religion. Plusieurs fois les Missionnaires chargés de l’administration de ces districts ont eu la consolation de célébrer les divins mystères devant une assistance nombreuse et recueillie.
Outre le soin d’une importante chrétienté, nos Confrères de Nagasaki ont encore la direction du séminaire du Vicariat. Cet établissement nouvellement fondé compte déjà 31 élèves . Les écoles de catéchistes sont également florissantes. Ajoutons à tout cela les espérances que donnent de leur retour à Dieu les nombreuses populations autrefois chrétiennes d’Ikitsuki, d’Amacousa et d’Odjima, et nous aurons une idée de la situation du Japon méridional .
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