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Publication : Missions Etrangères 1653-1663

Auteur: Henri Sy
Chapitre: 5 - Compagnie de commerce
Article: 5

Missions Etrangères 1653-1663
Henri Sy

CH.5 - Compagnie de commerce

5. Sacre de Mgr Lambert de la Motte
Premier départ de missionnaires

Malgré la détermination d’emprunter la voie maritime, Pallu n’oubliait pas les préférences de la Sacrée Congrégation de la Propagande pour la route terrestre. Il convenait de donner à ses désirs une satisfaction partielle, et il fut décidé qu’un premier groupe s’acheminerait vers l’Asie Mineure. Des informations transmises par François Piquet, consul de France à Alep, indiquaient les chances de réussite, pourvu que le nombre des voyageurs fût restreint. Mgr Lambert de la Motte acceptait de diriger l’expédition. Nommé évêque de Bérythe depuis bientôt deux ans, il n’avait pas encore reçu la consécration épiscopale : elle lui fut conférée le 11 juin 1660, en la fête de l’apôtre saint Barnabé, dans la chapelle du 1er Monastère de la Visitation, rue Saint-Antoine.301

Madame de Miramion avait fait à cette communauté un don de 10.000 écus, à la condition qu’elle et sa fille en seraient reconnues bienfaitrices et auraient ainsi la liberté d’y entrer et d’en sortir quand il leur plairait. Elle voulut prendre à sa charge tous les frais de la cérémonie, qui attira beaucoup de monde et fut présidée par Mgr Victor Le Bouthillier, archevêque de Tours, prélat consécrateur.302

En vue de mieux assurer le secret de son départ, Lambert de la Motte passa dans la solitude d’une retraite la semaine qui suivit son sacre; le 18 juin il quitta Paris sans prévenir ni parents ni amis. Il emmenait avec lui un seul prêtre, Jacques de Bourges, issu d’une famille de bourgeois de Paris, docteur en théologie, et un valet, Nicolas Legras, natif de Montmorency. Il serait rejoint à Marseille par un autre prêtre, François Deydier, originaire de Toulon.303

Un moment, il avait songé à s’adjoindre en qualité de guide et d’interprète un homme versé dans la connaissance des langues étrangères, à qui de fréquents voyages avaient rendus familiers les divers pays de l’Orient; ayant reçu des renseignements peu favorables sur le crédit qu’on pouvait lui accorder, il préféra le laisser en France.304

Le 27 novembre, Lambert et ses compagnons s’embarquèrent et firent voile vers Alexandrette. Déguisés en marchands, voyageant tour à tour en bateau, à pied, à cheval, en charrette à boeufs, en pirogue, ils mettront un peu plus de deux ans à franchir les 10.000 et quelques kilomètres qui séparent la France d’Ajouthia, capitale du Siam.


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