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Publication : Missions Etrangères 1653-1663

Auteur: Henri Sy
Chapitre: 4 - Formation des Missionnaires
Article: 5.4

Missions Etrangères 1653-1663
Henri Sy

CH. 4 - Formation des Missionnaires

5.4. Les Instructions de 1659

Additions aux Instructions

Pallu ne se bornerait pas à exposer et à commenter, à l’usage des futurs missionnaires, le texte des Instructions. Huit mois après son départ de Marseille, en 1662, il écrira à ses Procureurs en France pour leur faire part de ses expériences personnelles. Le mémoire qu’il leur adressa d’Ispahan a pour titre :

Additions aux Instructions qui ont été données aux missionnaires ecclésiastiques envoiés dans la Chine, la Cochinchine et le Tunquin, pour se conduire dans leur voiage et dans tous les lieux de leur mission, principalement dans le Tunquin, faites à Ispahan et achevées le 10 septembre 1662.270

Il résume d’abord en cinq articles les intentions de la Propagande :

1° connaître et frayer des chemins sûrs sans se heurter aux Portugais aux Hollandais ou aux Anglais. - 2° établir des lieux de correspondance et de refuge en cas de persécution. - 3° se rendre compte, dans les missions confiées par le Saint-Siège aux missionnaires français, de l’état du christianisme et des obstacles au progrès de la foi. - 4° instruire et disposer à la cléricature tous ceux qui en seront jugés capables.
5° faire ordonner des prêtres.

Les trois premiers buts sont seuls développés, et il semble bien que le document n’a pas été conservé dans son intégrité.

Faisant route vers l’Indochine, les missionnaires partis avant Pallu avaient, à partir de Surate, traversé l’Inde, puis le golfe du Bengale et abordé au Siam; cet itinéraire étant désormais connu, n’y aurait-il pas intérêt à en tenter un autre, par exemple partant de Surate, se diriger vers le nord de l’Inde et par le Népal et le Boutan, pénétrer en Chine et parvenir à Pékin ?

En plus des relais à se ménager pour l’acheminement des correspondances, Pallu insiste sur l’établissement d’un poste central au Siam; «Il en faut faire le centre de notre correspondance en Europe pour y envoyer sûrement nos lettres et relations, et en recevoir les avis dans le besoin et la subsistance nécessaire; ce sera aussi une bonne retraite si l’on est obligé de quitter pour un temps les lieux de la mission, et au cas qu’il fust trop difficile au Tunquin et à la Cochinchine d’instruire ceux qui se presenteront pour estre promis au sacerdoce, ou au moins quelques-uns qui en seront jugés tres capables, on les envoira dans ce lieu pour y estre cultivés par ceux qui y seront.»

Puis viennent des recommandations très détaillées pour l’entrée incognito au Tonkin, la conduite à tenir envers les religieux déjà établis, «principalement pour la Compagnie de Jésus; la correspondance avec laquelle nous avons toujours agi avec eux, que nous avons toujours paru tres affectionnés à leur interest, et comme ils ont beaucoup de benediction dans le Tunquin, que nous desirons prendre leurs conseils et agir toujours de concert avec eux.»

En ce qui concerne les informations à prendre sur l’état du christianisme, le nombre des chrétiens, des catéchistes et des églises, les missionnaires «ne se contenteront pas de ce que l’on leur en dira : ils tascheront d’avoir eux-mesmes l’experience de toutes ces choses... ils sauront les loix et coustumes du païs, les erreurs et les diverses superstitions qui y sont le plus reçues, le gouvernement de la religion et de l’Estat, la subordination de tous les tribunaux et de toutes les provinces, etc.»

Ici s’arrêtent les Additions. Bien qu’incomplètes, elles montrent à quel point Mgr Pallu avait le souci de se conformer aux Instructions de la Propagande, et d’en inculquer le respect à ses prêtres.


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