| Auteur: |
Pallu Lambert de la Motte |
| Chapitre: |
7 - Des baptêmes à conférer |
| Article: |
1 |
Chapitre VII
Des baptêmes à conférer
ARTICLE 1
Du soin à apporter à la formation des catéchumènes
avant de les admettre au baptême
Il est de droit divin que le baptême doit être précédé d’une préparation suffisante; il ne faut donc y admettre que les catéchumènes longuement éprouvés et soigneusement instruits; l’Église a porté là-dessus des décisions formelles. Le premier Concile de Constantinople déclarait déjà (Can. 7): « Leur instruction, ou leur initiation au moyen des catéchismes et les soins que nous leur donnons, font prolonger leurs rapports avec nos églises. » Clément de Rome étend cette épreuve à trois mois (Apud Bucar. lib. 4, cap. 15); plusieurs autres, à un terme indéfini; le pape Sirice, à quarante jours (S. Siric. Pap. Epist. ad Simeon. Tarrac. episc.); et c’est aussi à quarante jours que les Saints Pères Grégoire1, Jérôme2 et Cyrille de Jérusalem3 ont fixé le temps à consacrer au catéchisme.
Nulle part l’Église ne mit mieux en évidence sa sollicitude vraiment maternelle et sa vigilance que dans ses ordonnances concernant l’examen attentif et approfondi des dispositions des candidats et de leurs intentions: pendant tout un carême, il fallait leur faire subir divers examens, les affermir par diverses impositions de mains et de signes de croix, les fortifier par des exorcismes, les exercer par des jeûnes quotidiens et des prières, et les former par l’explication de la foi chrétienne. Cette coutume est clairement indiquée dans Tertullien (du Baptême), S. Léon I (aux Évêques de Sicile), le Pape Sirice (à l’Evêq. de Tarrag.) et autres encore. La quatrième Concile de Carthage (Can. 85.) porte: « Ceux qui se préparent au baptême donneront leur nom, suivront longtemps le régime d’abstinence de vin et de viande, et, après s’être soumis à l’imposition des mains et à des examens répétés, recevront le baptême. »
Il y a loin, de cette pieuse et indispensable sollicitude, à la manière de faire de certains missionnaires des Indes: accueillant les premiers venus, leur demandant à peine ce qu’ils veulent, après une ou deux instructions, ils leur confèrent le saint baptême. Leur hâte à aligner de nombreux noms de baptisés, leur incurie à les former, leur paresse à s’occuper d’eux, leur crédulité excessive quand il fallait faire un choix parmi eux, l’empressement à leur administrer le baptême: voilà autant d’obstacles posés par eux et on ne saurait croire combien cette façon de faire a nui à l’établissement sérieux et convenable de la foi, et quel tort immense cela a fait au nom chrétien. L’expérience le prouve assez: pas de pires chrétiens que ceux qui ont été admis au baptême sans instruction suffisante: leur empressement à se faire inscrire sur la liste des chrétiens n’a d’égal, pour l’ordinaire, que leur sans-gêne à déserter. On en voit qui prennent l’habitude de fréquenter à la fois et les églises chrétiennes et les temples des idoles, et, ce qui est plus déplorable encore, ils sont beaucoup pires qu’ils n’étaient avant leur baptême, ne supportant même plus la moindre correction.
Qu’en conclure en pratique? De nos jours les prêtres sont chargés du soin de juger du degré d’instruction des catéchumènes et des autres conditions requises, temps de catéchisme y compris, pour que le saint baptême leur soit conféré. Nous n’en disconvenons pas; mais il nous paraît plus régulier et plus sûr de suivre l’avis des Pères et des Conciles, sans abréger la quarantaine et en n’admettant effectivement au baptême que ceux qui se sont fait inscrire quarante jours auparavant.
On le sait assez: l’expérience est ici d’accord avec le droit canon, il est parfois fort utile de retarder encore, afin d’obtenir la persévérance dans la foi chrétienne; c’est donc une question de discernement à garder ici entre ceux qui se présentent à la foi: ceux qui ont mené jusque-là une vie digne d’éloges et qui ont l’air de se montrer dociles et pieux, ne doivent pas dépasser le terme cité plus haut; on pourra même parfois le leur abréger, à la condition toutefois qu’ils aient déjà acquis auparavant un certain degré d’instruction et que, ce qui est une exception fort rare, une nécessité très urgente ne l’exige.
Un supplément de probation s’impose pour des sujets grossiers, des esprits obtus et lents, des esclaves, des gens qui semblent vouloir embrasser la foi dans le but d’échapper à un châtiment temporel, pour d’autres qui se font chrétiens dans l’espoir de quelque lucre ou de quelque avantage à retirer, et enfin pour ceux qui ont déjà donné quelques signes de légèreté d’esprit et d’inconstance de volonté.
Voici en quels termes le catéchisme romain (Pars II. de Bapt. n. 36) recommande de différer l’administration du baptême aux adultes: « Un retard de ce genre, dit-il, ne présente pas les inconvénients dont nous avons parlé à propos des enfants: car, pour ceux qui ont l’usage de raison, le désir bien arrêté de recevoir le baptême, avec le repentir des péchés de la vie passée, peut suffire à conférer la grâce et la justification, en cas d’accident imprévu qui ne laisserait pas le temps de baptiser. En revanche ce délai semble offrir quelques avantages: d’abord l’Église, — qui doit prendre de sérieuses précautions pour empêcher tout hypocrite, qui manquerait de conviction, de recevoir ce sacrement, — peut se rendre par un examen approfondi un compte plus exact des intentions de ceux qui se présentent au baptême. Ensuite ceux-ci sont mis en état de mieux comprendre les enseignements de la foi qu’ils doivent professer et les habitudes de la vie chrétienne. En outre, on rehausse le respect religieux pour le sacrement, en ne conférant le baptême qu’à des jours fixes, savoir: à Pâques et à la Pentecôte, avec pompe et solennité ». S. Thomas (dans sa « Somme ») tient un langage identique. (P. III, q. 68 a. 3.)
Autant que faire se peut, les missionnaires s’occuperont par eux-mêmes de leurs catéchismes, auxquels ils doivent donner tous leurs soins, ils n’en confieront pas la tâche à d’autres, comme si elle était indigne d’eux et relevait des catéchistes. Si ces derniers présentent au saint baptême des catéchumènes auxquels ils ont donné l’instruction, les missionnaires ne doivent pas moins leur faire subir un examen avant de les baptiser.
Un danger contre lequel ils doivent avant tout se mettre en garde, c’est de se laisser aller à cette sotte idée de préférer la gloriole du nombre de baptêmes à la qualité des dispositions et à la solidité de l’instruction des récipiendaires.
Enfin, il y a deux excès à éviter: d’une part, ne pas céder à une ferveur excessive et à un trop vif désir du baptême de la part des catéchumènes; mais d’autre part aussi, avertir sérieusement ceux qu’ils auront trouvés suffisamment instruits au bout du temps prescrit, qu’ils ne doivent pas différer plus longtemps la réception du sacrement, selon qu’il est écrit: « Ne tardez pas à vus convertir au Seigneur et ne différez pas d’un jour à l’autre » (Eccl. V, 8). Or la parfaite conversion ne se trouve que dans la régénération produite par le Baptême: donc retarder volontairement la réception du Baptême, c’est retarder d’autant la jouissance d’un très grand bien, du fruit abondant qui en revient, et aussi de l’usage et de la grâce des autres Sacrements.
ARTICLE 2
Le choix à faire parmi les aspirants au baptême
Nous l’avons déjà insinué en citant le catéchisme romain: il est hors de doute qu’autrefois deux époques avaient été fixées pour le baptême solennel des catéchumènes. Citons le Concile de Géronde (can. 8): « Que les catéchumènes soient baptisés le jour ou la veille de Pâques et de la Pentecôte; seuls les infirmes le seront aux autres solennités. » Il est vrai que, de nos jours, les dangers que présente la vie ordinaire ont engagé l’Église à ne pas maintenir cette coutume, le même catéchisme romain en fait foi (P. 2 de Bapt. n° 60); l’observation en serait d’ailleurs presque impossible parmi les infidèles. Il n’y a toutefois aucun motif pour les missionnaires de se départir en quoi que ce soit de la sévérité dans leurs examens, ni de la sainte et salutaire rigueur observée dans les temps passés par l’Église, qui de nos jours encore, la recommande et même l’impose aux missionnaires. Ceux-ci doivent même se montrer plus sévères et redoubler de sollicitude; en effet, ils travaillent à former des églises nouvelles dont les premiers fondements doivent reposer avant tout sur les premiers chrétiens. En outre, ces chrétiens, après comme avant leur conversion, tout néophytes qu’ils sont, ont à vivre au milieu d’un peuple dépravé et à rester en contact avec lui. Eux-mêmes ont à peine oublié leurs habitudes vicieuses d’autrefois; souvent ils sont exposés, tout de suite après leur baptême, à des persécutions de toute sorte; parfois ils sont forcément privés de la présence de leurs pasteurs, des exhortations au bien et de la réception fréquente des sacrements. L’espoir du baptême retient plus facilement les catéchumènes dans le devoir et les astreint à une fréquentation plus assidue des catéchismes. Au contraire, si on les baptise prématurément leur ferveur tombe, devenant paresseux et négligents dans les choses spirituelles, ils faiblissent et retombent insensiblement dans leurs péchés d’autrefois, ils méprisent les remèdes, s’endurcissent et deviennent un scandale et un déshonneur pour l’Église elle-même.
Voici donc ce que fera le missionnaire lorsqu’approchera le temps canonique d’administrer le baptême solennel ainsi que dans les cas où il y aura de graves raisons d’avancer cette cérémonie. Il organisera divers catéchismes et examens pour constater où ses catéchumènes en sont pour la foi, l’espérance et la charité; quelle est la direction principale de leurs aspirations et de leurs plans; s’ils ont la notion voulue des lois de la charité envers Dieu, envers eux-mêmes et envers le prochain; s’ils savent par cœur l’oraison dominicale et le Symbole des Apôtres, non pas à la façon des perroquets sans pénétrer plus loin que l’écorce des mots, mais en en comprenant avant tout le contenu aussi parfaitement que leur intelligence le leur permet. Car les conciles et les Saints Pères ne permettent à personne l’admission au baptême que moyennant une connaissance bien claire des mystères contenus dans le Symbole des Apôtres.
Restent ceux qui n’ont pu, par un cours complet du catéchisme, terminer leur instruction, mais que de très graves raisons forcent de recevoir le baptême avant le temps. Le Concile de Lima (actio 2, cap. 4), confirmé par Sixte-Quint, a prescrit pour eux l’enseignement des principales vérités de la foi, à savoir: « Qu’il n’y a qu’un seul Dieu, Créateur de toutes choses, Rémunérateur accordant la vie éternelle à ceux qui s’attachent à lui et punissant les méchants et les rebelles de supplices éternels en l’autre vie. Secondement: ce même Dieu est en trois personnes, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, mais il est le seul vrai Dieu et il n’y en a pas d’autre que lui qui soit vraiment Dieu; car ceux que les païens adorent ne sont absolument pas des dieux, mais des hommes ou des inventions humaines. Troisièmement: Le Fils unique de Dieu, voulant racheter le genre humain, s’est fait homme du sang de la Vierge Marie, a souffert pour nous, est mort et est ressuscité. Il règne maintenant pour toute l’éternité; c’est Jésus-Christ Notre-Seigneur et notre Sauveur. Enfin, personne ne peut arriver au salut s’il ne croit en lui, s’il n’a le repentir nécessaire des péchés qu’il a commis. Il doit ensuite recevoir le sacrement du baptême s’il est infidèle et confesser ses péchés s’il en a commis après le baptême. Enfin il doit être fermement résolu à observer les commandements de Dieu et de l’Église, qui se résument en deux mots: aimer Dieu par-dessus toutes choses et son prochain comme soi-même. »
Notons encore: quelque vif que soit le désir des catéchumènes qui demandent le baptême, même après qu’ils ont rempli toutes les conditions requises pour leur instruction, les missionnaires ne se hâteront pas de leur donner ce sacrement. Ils attendront des preuves de l’efficacité de ce désir; ils se rendront compte de la disparition des idoles de la maison et du cœur des catéchumènes, de leur complète renonciation aux superstitions des païens, à toute espèce de sortilèges et autres diableries du même genre. Ils exigeront également qu’ils renvoient leurs femmes à l’exception d’une seule, qu’ils bannissent de leur cœur toute inimitié, qu’ils réparent dans les limites du possible tout tort injustement causé, et restituent tout objet acquis par des moyens malhonnêtes ou retenu contre le gré du propriétaire.
S’il faut tenir éloignés des fonts baptismaux ceux qui restent obstinément attachés au vice et au péché, il en faut également rejeter ceux qui ne veulent pas donner par leurs actes des signes de conversion intérieure; ils prouvent par là que la volonté est encore chez eux infectée de l’amour du péché. Il ne faut pas non plus admettre ceux qui, ayant le moyen de satisfaire avec le baptême à une juste exigence, se bornent à promettre de s’exécuter après le baptême, cette obligation tardive pourrait être pour eux une source d’amertume. Il y a longtemps que les missionnaires savent par expérience à quoi s’en tenir à ce sujet; en pays païen les catéchumènes, poussés par le désir du baptême, font force promesses; mais s’ils ne les tiennent pas avant le baptême, ils n’en font jamais rien.
ARTICLE 3
De la préparation nécessaire au baptême
Au fur et à mesure que l’on approche de l’époque du baptême, il y a lieu de redoubler de vigilance et de soins pour l’instruction des récipiendaires: en effet, ils doivent comprendre qu’il leur importe beaucoup de ne pas s’approcher de ce sacrement à la légère et sans préparation, mais qu’il faut se souvenir de ce texte des Actes des Apôtres (Act. II, 38.), « Repentez-vous et que chacun de vous soit baptisé », d’où la nécessité de la contrition pour la vie passée au moment d’en commencer une nouvelle. On les engagera donc à ne pas rougir de prendre une contenance humble et modeste et à manifester de vrais sentiments de pénitence, même par des actes extérieurs; à multiplier prières, jeûnes, larmes, veilles et autres œuvres de pénitence; à s’adonner à ces exercices préparatoires dont nous avons déjà montré l’antique coutume dans l’Église; à avoir compassion des pauvres et à leur faire l’aumône, chacun selon ses ressources; à se consacrer à d’autres œuvres de charité et de piété; enfin à s’éprouver eux-mêmes en toute occasion.
Le moment sera alors venu pour le missionnaire de leur enseigner ce qu’ils auront de plus important à répondre aux questions qui leur seront posées lors de leur initiation, savoir: à quoi ils devront renoncer et ce qu’ils devront embrasser; ils doivent, en effet, renoncer à Satan, à ses œuvres et à ses pompes pour s’attacher ensuite à Jésus-Christ.
On renonce à Satan en s’éloignant définitivement de tout rapport ou commerce avec lui, en refusant tout ministère ou concours de sa part et en n’usant jamais de ses services pour une choses utile même si elle n’est pas mauvaise en elle-même, n’y eût-il aucun pacte formel avec lui. On renonce à ses œuvres en prenant la résolution de fuir les péchés qui se commettent ordinairement sous son impulsion: par exemple, l’œuvre de la chair, la fornication, l’adultère, l’ivrognerie, l’homicide, bref tout péché mortel qui justifie ce texte de S. Jean: « Celui qui commet le péché est du diable » (Joan. III, 8). Enfin on renonce à ses pompes en évitant non seulement le péché, mais encore ce qui l’amène d’ordinaire, ce qui en résulte, ou l’accompagne habituellement, comme les festins, les auditions musicales, les spectacles, les danses, les jeux, les dés, etc.
L’une ou l’autre de ces choses comporte parfois un usage licite; il est néanmoins avéré que toutes contribuent aux pompes de Satan, conduisent insensiblement au péché, et que le chrétien doit y renoncer par son baptême; l’Église les a rejetées parce que les Saintes Écritures les condamnent, que les Conciles les défendent, et que les Saints Pères ne cessent de les attaquer comme illicites et pernicieuses.
S’attacher à Notre-Seigneur Jésus-Christ c’est tout simplement contracter avec lui une union d’esprit et de volonté: union d’esprit par la foi, que tout chrétien est tenu par la promesse de son baptême de garder et de confesser, même au péril de sa vie; union de volonté, par une vie chrétienne, par la pratique assidue des bonnes œuvres et par la fidélité à remplir la promesse, faite au baptême, d’observer les commandements de l’Église.
Tout cela doit être présenté à ceux qui vont recevoir le baptême, de manière à leur faire sentir le plaisir qu’il y a à se libérer de la tyrannie du démon pour prendre le joug suave de Jésus-Christ. On leur en facilitera l’intelligence en leur expliquant, ou plutôt en leur rappelant les effets remarquables de ce sacrement exposés antérieurement, effets que Dieu accorde sur-le-champ à tous ceux qui reçoivent le baptême: rémission du péché originel et de tout autre péché, rémission de la peine éternelle et temporelle due au péché, dons de la grâce et des vertus infuses qui l’accompagnent, union intime à Notre-Seigneur Jésus-Christ comme chef. De cette union résulte pour les chrétiens force et courage pour accomplir de bon cœur tous les commandements de la loi de Dieu. « Ce baptême, dit S. Cyrille de Jérusalem, offre de bien grands avantages. C’est la fin d’un esclavage, les péchés sont remis; c’est la mort du péché, la régénération de l’âme qui, revêtue de blancheur, est marquée d’un caractère saint et indélébile; c’est un char qui porte au ciel et procure les délices du paradis; c’est le gage de l’entrée au Royaume des cieux, et le don de l’adoption des enfants de Dieu ». (S. Cyrill. Hieros. in Procatechesi.)
Afin d’accroître et d’augmenter la ferveur et la piété des catéchumènes, et pour attiser la flamme de leur désir de recevoir le baptême, le missionnaire leur fera connaître la signification et le sens mystique de toutes les cérémonies employées: le motif de la triple immersion ou infusion au nom de la Très Sainte Trinité, de l’onction du Saint Chrême au sommet de la tête, etc. Tout cela sera dit selon que les circonstances de temps et de lieu le permettront.
Au cas où la confirmation devrait suivre immédiatement le baptême, il faudrait les instruire de ce qui concerne le sacrement de Confirmation.
Le rituel romain prescrit de ne pas tarder à leur donner la Communion. A la vérité, le très saint sacrement de l’Eucharistie est un mystère des plus cachés, et, à ce titre, on ne l’exposait pas autrefois trop facilement aux catéchumènes, conformément à l’avis des Saints Pères et à la tradition. On avait pour cela des motifs très plausibles, dont jusqu’ici nous n’avons pas constaté l’existence dans ces régions. Sauf obstacle particulièrement grave, il n’y a donc pas lieu, nous semble-t-il, après le baptême, de différer l’enseignement des vérités qu’il faut nécessairement connaître pour recevoir dignement ce grand sacrement. On enseignera donc aux catéchumènes que Notre-Seigneur est réellement présent sous les espèces du pain et du vin, et est ainsi proposé à l’adoration des chrétiens dans ce Sacrement, qu’on l’y reçoit et qu’il y a véritablement et réellement obligation pour tous de prendre cette nourriture spirituelle de l’âme au cours de la vie et au moment de la mort.
Quoique les missionnaires doivent apporter grande diligence à n’admettre les catéchumènes au baptême que s’ils y sont convenablement disposés, ils doivent avec autant de soin éviter le danger de surcharger leur esprit encore faible d’un enseignement trop relevé et d’exhortations sans fin au moment où ils s’approchent du sacrement. Il suffira donc de leur donner une préparation actuelle et immédiate à la réception de cet important sacrement, et ce par des actes de foi, de crainte, d’espérance, de charité et de contrition.
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